Jean Le Cam partira pour le Vendée Globe 2020 avec son bateau Yes we Cam et un projet "différent" avec plusieurs partenaires derrière lui / Photo Jean Le Cam via Instagram @jeanlecam

Nautisme 13 février 2019

Le coup de gueule de Jean Le Cam, à un an du Vendée Globe

Avant son 5e Vendée Globe en 2020, le "Roi Jean" rame pour trouver des sponsors malgré une communication moderne

Jean le Cam a le seum (langage de jeune pour dire qu’il est vénère). Le skipper aux quatre Vendée Globe ne comprend pas ce qui cloche dans sa recherche de sponsors. Il a pourtant de nombreuses cartes en mains pour exister sur la scène médiatique (donc séduire les marques): un CV long comme le bras, une gueule, la gouaille, la sincérité et, malgré ses 60 piges, une communication efficace sur les réseaux sociaux.

« Je veux un projet différent »

Ce n’est pas un hasard si le skipper a posté son texte en ce début février. « On est en plein dans la recherche de partenaires, précise-t-il au bout du fil. Ça va peut-être faire parler. On recherche des entreprises de tous secteurs confondus car le Vendée Globe très ouvert. Il engendre une exposition médiatique très large. Cette fois, je monte un projet différent de ce qui peut exister. Habituellement, un nom figure sur un bateau. Moi je veux un nom générique, Yes we cam, pour fédérer plusieurs partenaires. Il y aura une partie de communication commune et spécifique à chaque partenaire. »

Des sponsors pour le Vendée Globe 2020

Dans un texte, titré « Encore une nuit blanche à me demander POURQUOI et COMMENT? », publié sur le réseau social professionnel LindedIn, Jean Le Cam s’épanche. « Pourquoi est-ce si difficile de trouver des partenaires et comment faire pour y remédier? Ma carrière, ma notoriété, l’accessibilité de mes budgets et l’attractivité de la course au large plaident en ma faveur. Pourquoi mes courriels, mes messages restent-ils sans réponse? NI OUI, NI NON… RIEN! »

Pour pouvoir participer au Vendée Globe 2016, il avait lancé une campagne de financement participatif.

Un peu du large dans l’entreprise

Pourtant, le navigateur à la légendaire tignasse bouclée, fait pourtant le job et y prend même du plaisir. « J’ai toujours porté les couleurs de mes sponsors avec fierté. J’ai visité des usines, assisté avec intérêt et plaisir à des séminaires, assemblées générales, conventions, réunions commerciales, inaugurations de locaux, soirées, petits déjeuners… J’ai découvert les métiers de l’agro-alimentaire avec Fleury Michon et Bonduelle, du bâtiment avec VM Matériaux, Synerciel et Bio’Bric, de l’hôtellerie avec Accor et Ibis et enfin la force des réseaux avec les clusters de Neopolia. »

Le « Roi Jean », roi de la com’

Celui que le monde de la voile surnomme le Roi Jean manie habilement les ficelles de la communication 2.0. Derrière son regard qui semble déjà parti au large et son air de poète déconnecté du monde, Jean Le Cam tweete, poste photos, textes et vidéos sur Facebook, Instagram et LinkedIn. Pas si déconnecté que ça le sexagénaire. A la caméra au bout de la perche, il est presque aussi bon que Clarisse Crémer ou Stanislas Thuret.

Il a même créé son slogan, qu’il décline avec le hashtag: #Yes we Cam. Il a également fondé sa société, Finistère Mervent (avec Sofi Ty Nay, filiale du Crédit Agricole du Finistère).

À la Joyon et Van Den Heede

Jean Le Cam, gamin de presque 60 ans (le 27 avril), prend pour exemple ses aînés, ceux qui sont, au moins, en CM2: Francis Joyon et Jean-Luc Van Den Heede. Francis Joyon, 62 ans, a remporté la dernière Route du Rhum. Jean-Luc Van Den Heede, 74 ans, vient de remporter la Golden Globe Race, autour du monde en solitaire sans escale.

« Je suis prêt à défendre d’autres couleurs, annonce Jean Le Cam, d’autres univers et comme Francis Joyon et Jean-Luc Van den Heede viennent de le prouver il n’y a pas de limite pour réaliser de grandes et belles choses. »

Gaëlle Richard