"Miracle", le petit sar commun au bec de lièvre, a été pêché trois fois depuis 2017 / Photo Florence Bernard via Facebook

Insolite 21 novembre 2018

L’étonnant retour du poisson handicapé pêché trois fois

[belle histoire]

Le fileyeur Lithomer a pêché trois fois le même poisson au bec de lièvre. L'équipage l'a surnommé "Miracle"

« Miracle » a de la chance malgré tout. Il aurait dû mourir. Au moins trois fois. Or, il vit et grandit bien au large de l’estuaire de la Gironde. Son handicap ne l’empêche pas de s’alimenter. « Miracle » a touché le coeur de Flo, femme et marin pêcheur au grand coeur.

Le fileyeur au grand coeur

« Miracle » est un poisson handicapé. Il a un bec de lièvre. « Flo d’la mer » le reconnaîtrait entre tous. Celle qui partage ses marées sur les réseaux sociaux l’a déjà pêché deux fois en 2017. Elle le retrouve, de nouveau dans ses filets, ce 9 novembre 2018.

Marin pêcheur à Royan à bord du fileyeur de 9m, Lithomer, Florence Bernard partage son métier sur Facebook. Elle aime filmer la mer, juste quelques secondes, pour offrir ses images du large à ceux qui restent à terre. Elle prend plaisir également à expliquer aux terriens l’enjeu de sa profession. Elle le fait d’ailleurs très bien grâce aux petites histoires du quotidien.

Hameçon, malformation ou parasite?

« Miracle » est un petit sar commun. « Nous l’avons pêché deux fois en 2017, à quelques jours d’intervalle. »

« A chaque fois, nous l’avons remis à l’eau vivant. »

Lors de ses retrouvailles avec « Miracle » -qui sait si, lui aussi, n’a pas ressenti d’émotions en retrouvant Flo d’la mer? Puisque les poissons seraient intelligents…- le marin pêcheur met en branle tout son réseau de scientifiques.

« D’après un spécialiste des poissons basé au Museum d’Histoire Naturelle de Concarneau, il semble assez probable que ce soit le même individu, explique Florence Bernard. Son handicap peut avoir plusieurs origines: blessure d’hameçon cicatrisée, malformation génétique, ou perte de substance due à la présence d’un parasite crustacé type Ceratothoa oestroides qui mange la langue du poisson et prend sa place. » 

Le petit sar débrouillard

Bravant un destin difficile, le petit sar commun s’est plutôt bien débrouillé pour survivre dans ce monde de brutes. « Il a bien grossi en un an, donc il arrive à se nourrir. Peut-être a-t-il trouvé sur le site de la nourriture suffisamment molle adaptée à son handicap (hypothèse d’un autre scientifique consulté)? ».

Flo promet, si elle le pêche de nouveau, d’envoyer des photos…

Gaëlle Richard