Une énorme gerbe d'écume explose sur les blocs d'une digue, à côté d'une balise de signalisation, sous un ciel d'orage doré
Coup de mer sur la digue, à l'embouchure de l'Adour (Tarnos, Landes). Photo : Pierre__Arnaud / Flickr, licence CC BY 2.0

Environnement • 16 octobre 2026

Noms des tempêtes 2026-2027 : Adam, Bruna, Kévin… l’Atlantique a déjà distribué les étiquettes et c’est très inspiré de nos amis chtis !

Adam, Bruna, Kevin, Diana… Les 21 prénoms des tempêtes 2026-2027 sont connus depuis la fin de l’été. Après une saison record à 19 tempêtes baptisées, l’Atlantique a rechargé son carnet de bal. Reste à savoir qui dégainera le premier, et sous quel prénom.

Le casting est bouclé

Chaque année, c’est le même rituel, et chaque année on fait semblant d’être surpris. Fin août, Météo-France a publié la liste des prénoms qui serviront à baptiser les tempêtes de la saison 2026-2027. Vingt et un noms, rangés par ordre alphabétique et alternant hommes et femmes : Adam, Bruna, Charles, Diane, Eric, Flora, Gabriel, Héloïse, Igor, Julia, Kévin, Lola, Michel, Nathalie, Oscar, Paola, Rafael, Sandra, Thomas, Vera et Walter.

Cette liste n’est pas seulement française. Elle sert au groupe dit « Sud-Ouest », qui réunit depuis 2017 les services météo de six pays : France, Espagne, Portugal, Belgique, Luxembourg et Andorre. Chaque année, un pays tient le stylo. Cette fois, c’était le tour de Météo-France, qui avait lancé au printemps un grand appel aux prénoms. Résultat : plus de 40 000 propositions envoyées par le public. Le casting a été plus sélectif que pour une télé-réalité, et c’est tant mieux.

Vagues vert émeraude qui déferlent en série, crêtes arrachées par le vent, au large de la côte du Finistère
Belle houle sur le Finistère. Photo : Jérémie Janisson / Flickr, licence CC BY-SA 2.0

Pourquoi on prénomme une dépression

Donner un prénom à un coup de vent, ce n’est pas de la poésie de bureau. C’est de la communication de crise. Un nom se retient, circule vite et rend les consignes de sécurité plus audibles que « la dépression centrée au large de l’Irlande ».

Toutes les dépressions n’ont pas droit à leur prénom. La règle du groupe Sud-Ouest est simple : on ne baptise que celles qui risquent de déclencher au moins une vigilance orange pour le vent dans l’un des six pays. C’est le premier service météo qui lance l’alerte qui attribue le prénom suivant sur la liste, et la tempête le garde ensuite partout où elle passe.

Adam ou Austen : qui frappera le premier ?

C’est là que ça devient croustillant. Nos voisins britanniques, irlandais et néerlandais forment leur propre groupe, dit « Ouest », avec leur propre liste : Austen, Boelo, Chloe, Dano, Evelyn, Finn, Gwendolyn, Heather, Ivy, Jade, Kilian, Laoise, Miriam, Nicola, Olaf, Phelim, Ruban, Shaun, Theo, Vesna et Wende. Si la première grosse dépression de l’automne est d’abord menaçante pour l’Irlande ou le Royaume-Uni, c’est Austen qui débarquera sur nos côtes. Si elle vise d’abord le golfe de Gascogne ou la péninsule Ibérique, ce sera Adam.

La liste britannique a d’ailleurs ses petites histoires. Shaun a été choisi par vote du public, en clin d’œil au mouton en pâte à modeler des studios Aardman. Theo rend hommage à un chat qui se planquait avant chaque orage, Ivy à un chiot labrador de neuf mois. Austen et Evelyn saluent deux figures de la météo irlandaise pour les 90 ans de Met Éireann. On a connu des façons plus solennelles de nommer ce qui va arracher vos tuiles.

À la mi-octobre, aucune tempête n’avait encore été baptisée, ni d’un côté de la Manche ni de l’autre. Profitez du calme, il ne dure jamais.

Le phare de l'île Vierge, dans le Finistère nord, noyé dans les embruns d'une mer démontée
Le phare de l’île Vierge dans la houle d’automne. Photo : Jérémie Janisson / Flickr, licence CC BY-SA 2.0

2025-2026, l’hiver qui a vidé l’alphabet

Si Météo-France a l’air d’avoir des réserves de prénoms, c’est que la saison précédente a laissé des traces. Le groupe Sud-Ouest a baptisé 19 tempêtes entre l’automne 2025 et le printemps 2026, un record depuis la création du dispositif. Au point que la liste a failli ne pas suffire. Pendant ce temps, le groupe Ouest s’est arrêté à quatre, jusqu’à Dave en avril. Chacun son climat.

Sur nos côtes, deux noms ont marqué. Benjamin, fin octobre 2025, a soufflé jusqu’à 168 km/h, privé d’électricité plus de 140 000 foyers et fait des blessés en Charente-Maritime et en Gironde. Puis Goretti, début janvier 2026, a sorti l’artillerie lourde : une rafale à 213 km/h à Barfleur, dans la Manche, et plus de 380 000 foyers dans le noir. Le tout pendant un hiver parmi les dix plus pluvieux depuis 1959.

Côte rocheuse près de Brest sous un ciel qui se dégage, avec des lignes de houle blanches qui déferlent le lendemain d'une tempête
Côte brestoise le lendemain de la tempête. Photo : Jérémie Janisson / Flickr, licence CC BY-SA 2.0

Ce que ça change pour les surfeurs, et pour tout le monde

Pour la tribu des glisseurs, une tempête nommée n’est pas une invitation, c’est un avertissement. Le jour J, l’océan est une machine à laver : vent de travers, courants déchaînés, mousse à perte de vue. Le bon plan arrive souvent après, quand la houle levée par la dépression déroule enfin sous un vent qui tombe. C’est le fameux lendemain de tempête, celui qui fait sortir les gros guns du garage.

Pour tous les autres, quelques réflexes valent mieux qu’un selfie viral. On ne va pas regarder les vagues depuis une digue ou un parapet, c’est précisément là que les coups de mer emportent des gens chaque hiver. On surveille la vigilance « vagues-submersion », surtout quand une tempête tombe sur des grandes marées. On range le mobilier de jardin, on amarre le bateau, et on reporte la balade sur la plage.

La chute

Adam, Austen ou Bruna, le prénom ne change rien à la force du vent. Mais il dit une chose : l’hiver approche, et l’Atlantique a déjà préparé ses étiquettes. Nous, on cire les planches, on vérifie les amarres et on garde un œil sur la carte des vigilances. Rendez-vous au premier baptême.


Sources

Crédits photo

  • Image à la une : « Ça brasse ! », Pierre__Arnaud, Flickr, licence CC BY 2.0.
  • « Belle houle sur le Finistère », « Houle d’automne » et « Côte brestoise le lendemain de la tempête », Jérémie Janisson, Flickr, licence CC BY-SA 2.0.