La Gravière, Hossegor, un jour de compétition. Photo : MarkYourWaves Surf, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.
Glisse • 10 octobre 2026
Championnats de France de surf 2026 : neuf jours de vagues, de sueur et de sable dans les Landes
Du 17 au 25 octobre, les Championnats de France de surf reviennent poser leurs lycras entre Hossegor, Seignosse et Capbreton. Plus de 550 compétiteurs, neuf disciplines, quatre spots qui ne font pas de cadeau et une houle d’automne qui, si elle est d’humeur, peut transformer le tout en très grand spectacle. Mode d’emploi pour ne rien rater, que vous soyez au line-up ou planté sur la dune avec un café tiède.
La 62e édition : un vieux rituel qui n’a rien perdu de son mordant
Les « France », comme on dit dans le milieu, c’est le grand rendez-vous historique du surf hexagonal. La première édition s’est tenue à Biarritz en 1964, à une époque où les planches pesaient le poids d’une porte de grange et où les combinaisons relevaient de la science-fiction. Soixante-deux éditions plus tard, l’événement organisé par la Fédération Française de Surf (et estampillé « by Banque Populaire ») reste le rendez-vous où se croisent les gamins qui rêvent du Tour, les vétérans qui refusent de raccrocher et tout ce que le pays compte de gens capables de tenir debout sur quelque chose qui glisse.
C’est la onzième fois que les plages landaises accueillent la compétition, et la deuxième année d’affilée après 2025. Personne ne s’en plaindra : en octobre, le sud des Landes, c’est un peu la cour de récré des grands.
Quatre spots, zéro pitié
Le terrain de jeu annoncé tient en quatre noms qui suffisent à faire briller les yeux de n’importe quel surfeur européen.
La Gravière, la reine des tubes
Le beach-break le plus célèbre d’Hossegor, réputé pour ses barrels épais et ses fermetures sèches. Quand elle marche, c’est sublime. Quand elle ferme, c’est la machine à laver avec option essorage. Les juges adorent, les planches un peu moins.
Les Culs Nus, la voisine qui ne fait pas semblant
Juste au nord, même philosophie : des bancs de sable capricieux, de la puissance et un public souvent installé aux premières loges. Le nom fait sourire ; la vague, beaucoup moins.

Les Estagnots, l’alternative de Seignosse
À Seignosse, ce spot sait offrir des conditions plus tenables quand la Gravière décide de jouer les dragons.
Le Santocha, l’atout de Capbreton
Côté Capbreton, ce pic fait souvent office de repli quand la houle devient trop sérieuse ailleurs. Plus accessible, plus lisible, parfait pour les longboarders et les disciplines qui demandent un peu de douceur.

Neuf disciplines : le surf dans toutes ses langues
C’est ce qui rend les France à part : on n’y voit pas seulement des shortboarders affûtés comme des lames. Le programme réunit le shortboard, le longboard, le bodyboard, le bodysurf, le kneeboard, le SUP surfing, le surf tandem, ainsi que le para surf et le para surf adapté. Le tout en catégories Espoirs et Open.
Traduction : pendant neuf jours, vous verrez sur le même sable un minot de quatorze ans prêt à arracher un aérial, un longboarder qui marche sur sa planche comme sur un trottoir, un bodysurfeur armé de ses seules palmes et un duo de tandem qui fait des portés au milieu des vagues. Si vous cherchez une démonstration de ce que le surf a de plus large et de plus vivant, c’est ici.
Le para surf et le para surf adapté font partie du programme sportif à part entière, et non d’une démonstration en marge. Et pour la deuxième année consécutive, les affiches mettent autant de femmes que d’hommes en avant. Petit détail ? Pas dans un sport qui a longtemps relégué les surfeuses au rang de figurantes.
Plus de 550 compétiteurs venus de toute la France
Les athlètes ont été sélectionnés dans toutes les régions, de la Bretagne à la Méditerranée en passant par les outre-mer. C’est aussi ça, les France : un brassage de styles et d’accents, des Bretons habitués à l’eau à 12 °C, des Réunionnais et des Polynésiens qui débarquent avec une autre lecture de la vague, des Basques et des Landais qui jouent à domicile et le savent très bien.
Pour les plus jeunes, c’est souvent le premier grand rendez-vous national, celui où l’on se fait remarquer par les entraîneurs des pôles et de l’équipe de France. Pour les autres, c’est un titre qui pèse lourd dans un palmarès, et une semaine de compétition sur des vagues qui comptent parmi les meilleures d’Europe.
Côté plage : village, initiations et finales à la télé
L’événement est ouvert à tous. Un village partenaires, des animations, des initiations et des rencontres avec les athlètes sont annoncés ; le programme détaillé des animations doit encore être précisé par l’organisation. La FFSurf prévoit aussi des actions autour de la mixité, de l’inclusion de jeunes issus de quartiers prioritaires et de l’environnement (réduction des déchets, sensibilisation à l’océan, mobilités douces).

Pour ceux qui ne pourront pas descendre dans les Landes, France Télévisions diffusera les finales shortboard Open ainsi qu’une émission spéciale de trois heures, comme l’an dernier. Horaires à confirmer.
Le facteur X : la houle
Reste l’invité qu’aucun organisateur ne contrôle. Octobre est traditionnellement l’un des meilleurs mois de la côte landaise : les premières grosses dépressions de l’Atlantique Nord envoient de la houle longue, les vents de terre du matin lissent la surface et l’eau garde encore un peu de la chaleur de l’été. Sur le papier, tout est réuni pour une édition mémorable. Dans la réalité, il suffit d’un vent d’ouest têtu pour transformer la Gravière en bouillie.
Le mot de la fin
Les France, ce n’est pas la WSL, ni les paillettes de Teahupo’o. C’est mieux que ça d’une certaine façon : c’est le surf français tel qu’il est, avec ses clubs, ses bénévoles, ses gamins qui sèchent les cours et ses anciens qui savent encore exactement où se placer. Neuf jours de vagues, de sable dans les sandwichs et de séries qui se jouent à un dixième de point. Si vous êtes dans le coin, allez-y. Si vous n’y êtes pas, trouvez une bonne excuse pour y être.
Sources : Fédération Française de Surf (surfingfrance.com), Surf Session (surfsession.com). Photo : La Gravière, Hossegor, par MarkYourWaves Surf, CC BY-SA 2.0, via Wikimedia Commons.