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Sandrine, Mélanie, Magali et Céline (la moitié de l'équipage) disputeront samedi la régate féminine de La Rochelle / Photo G.R.

Nautisme 24 mai 2018

L’équipage 100% féminin de l’estuaire vise le podium samedi

L'équipage féminin de l'estuaire de la Gironde part à l'abordage de la régate Ladies Only samedi à La Rochelle

L’estuaire de la Gironde a son équipage féminin. Les navigatrices revendiquent haut et fort leur identité estuarienne et partent, samedi, à l’abordage de la régate Ladies Only organisée par la Société des régates rochelaises (SRR).

La Team Ladies Estuaire réunit des navigatrices des clubs de l’estuaire de la Gironde. Elles sont quatre du club de Saint-Loubès, une de Lormont, une de Pauillac, une de Bourg-sur-Gironde et une de Lacanau (anciennement de Pauillac). Céline, Mélanie, Sandrine, Fabienne, Emmanuelle, Lisa, Vanessa et Magali régateront samedi au large de La Rochelle sur un Grand Surprise, la course étant en monotype. Le leur s’appelle Papou.

Objectif: le podium

Les filles de l’estuaire girondin visent le podium. L’an passé, elles ont fini 5e/8 lors de la troisième édition de la Ladies Only. « Nous connaissons mieux le plan d’eau que l’année dernière, explique Magali. Certaines d’entre nous naviguent davantage dans ces eaux. Il a ses particularités notamment le courant dans les pertuis. » Ceci étant, le jeu, parfois vicieux, des courants, elles connaissent.

« Dans l’estuaire de la Gironde, les courants sont très forts. Nous y sommes habituées même si cela ne nous affranchit pas de mauvaises surprises. »

Les équipages féminins devront suivre un parcours côtier et un parcours construit autour de bouées. Les girondines se sont déjà entraînées en avril sur un Grand Surprise, « un bateau agréable à manier » souligne Céline. Elles arriveront demain vendredi pour le dernier entraînement avant la course.

Une passion à caser entre famille et boulot

Les huit femmes, parrainées par le skipper Alex Ozon, vainqueur de la Transquadra 2017, ne sont pas des navigatrices professionnelles et pratiquent leur passion à des degrés différents selon les situations et parcours de vie de chacune.

Céline, qui rentre tout juste de déposer sa fille à la maison après l’école à la fin d’une journée de travail, lâche le sentiment que ses coéquipières partagent: « ce n’est pas toujours facile de trouver une place pour sa passion entre une vie familiale et une vie professionnelle, avec la régate en plus, ça fait beaucoup. Mais on aime ça! On aime partager ces moments ensemble. » Sandrine navigue régulièrement. Elle a son propre bateau, à Arcachon, et navigue avec son mari (en plus de son travail et d’une formation au shiatsu dans laquelle elle vient juste de se lancer).

« Trouver une place pour sa passion entre vie professionnelle et vie familiale n’est pas facile. »

« Je navigue surtout en plaisance mais j’aime aussi la régate » sourit-elle. Magali, dont la fille et l’époux sont des mordus de voile, embarque tous les week-ends sur le bateau familial, habituellement basé à Saint-Loubès. Tout comme celui de Vanessa, fana de course depuis longtemps, qui, en plus de son job et de ses deux filles, a passé l’hiver à se former à l’arbitrage en régate. Mélanie navigue occasionnellement sur les bateaux d’amis et d’adhérents du club loubésien. Fabienne, de Pauillac à la Bretagne, navigue tous les week-end, son amoureux étant lui aussi passionné de voile.

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Les huit équipières arborent toutes la même tenue / Photo G.R.

Pour poursuivre leur saison, elles sont toujours à la recherche de partenaires, même si elles en ont déjà dix-sept.

Pour l’équipage, l’estuaire n’est pas uniquement une indication géographique. Les navigatrices sont attachées à l’identité de ce bassin de navigation. « Je navigue beaucoup en Bretagne et je crois souvent des marins étonnés quand je leur dis que nous avons monté un équipage féminin de l’estuaire de la Gironde, narre Fabienne. C’est une fierté de montrer que l’on peut faire de la voile sur ce plan d’eau même s’il n’est pas facile. Il présente de forts courants, des bancs de sables, des îles qui se forment et disparaissent au fil des marées… Cela requiert un peu de technique et d’expérience mais le terrain de jeu est très agréable. »

Samedi, ce sera dans les pertuis charentais qu’elle largueront les amarres le couteau entre les dents.

Gaëlle Richard

 

 

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