Tortue marine imbriquée posée sur un fond rocheux couvert d'éponges jaunes, sous l'eau dans la réserve Cousteau en Guadeloupe
Une tortue dans la réserve Cousteau, face à la plage de Malendure (Guadeloupe). Photo : Antoine Cupial, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

Découverte & Recherche • 29 octobre 2026

Les 10 plus beaux spots de plongée en France (et pourquoi les mérous y font la loi)

Mérous qui vous dévisagent, épaves hantées, phoques joueurs, requins en patrouille et cheminée hydrothermale sous-marine : la France est un pays de plongeurs qui s’ignore. Des tombants de Méditerranée aux passes polynésiennes, voici notre classement des 10 plus beaux spots de plongée en France, du plus frais au plus mythique.

Avant de chausser les palmes, une règle d’or : ce classement mélange des plongées accessibles aux débutants et d’autres réservées aux plongeurs confirmés. On plonge toujours avec un club local, au niveau que l’on a vraiment (pas celui qu’on raconte au bar), et dans le respect des réglementations des aires marines protégées, qui sont la raison pour laquelle ces sites sont encore aussi beaux.

Mérou brun tacheté de blanc posé contre un rocher couvert d'algues vertes, sous l'eau à Port-Cros
Le mérou brun, emblème des aires marines protégées de Méditerranée, ici à Port-Cros. Photo : Arnaud Abadie, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

10. L’archipel des Sept-Îles (Côtes-d’Armor) : danser avec les phoques gris

Eau à 13 °C, visibilité capricieuse, courant qui ne pardonne pas : la Bretagne nord ne fait aucun effort pour vous séduire. Et pourtant. Au large de Perros-Guirec, l’archipel des Sept-Îles, l’une des plus anciennes réserves naturelles de France, abrite une colonie de phoques gris. Curieux comme des chiots, ils viennent parfois mordiller une palme ou inspecter un masque. La règle : on ne les poursuit pas, on ne les touche pas, on les laisse venir. Ils décident. Vous, vous restez à votre place. C’est très bien comme ça.

9. La mer d’Iroise (Finistère) : les forêts de laminaires

Premier parc naturel marin de France, créé en 2007, l’Iroise est le bout du monde version sous-marine. Entre Ouessant, Molène et la pointe de Saint-Mathieu, on plonge dans de véritables forêts de laminaires, de grandes algues brunes qui ondulent dans la houle comme des cheveux dans le vent. Lieus, vieilles multicolores, homards planqués dans les failles, et parfois un phoque qui passe sans un regard. Les courants de marée y sont parmi les plus puissants d’Europe : ici, on plonge à l’étale, avec un club qui connaît son affaire. Sinon, on fait du vélo à Ouessant.

8. Les épaves de Porquerolles (Var) : le Donator et ses voisins

Les eaux de Porquerolles sont un cimetière marin à ciel ouvert. La star, c’est le Donator, un cargo coulé par une mine en 1945, posé sur le sable par une cinquantaine de mètres de fond. Recouvert de gorgones rouges et jaunes, peuplé de bancs de sars et de congres gros comme des cuisses, c’est une plongée profonde, réservée aux plongeurs confirmés, souvent pratiquée au mélange. Les autres se consoleront sur les nombreux sites moins profonds de l’île, qui n’ont rien de lots de consolation.

7. L’épave du Liban (Marseille) : le Titanic des Calanques

Le 7 juin 1903, le paquebot Liban quitte Marseille pour Bastia. Moins d’une heure plus tard, il entre en collision avec un autre navire près de l’île Maïre et sombre en quelques minutes, emportant plus d’une centaine de passagers et de membres d’équipage. Plus d’un siècle après, sa coque brisée repose par une trentaine de mètres de fond, dans le Parc national des Calanques, colonisée par les gorgones, les murènes et les langoustes. Une plongée chargée d’histoire, accessible avec un niveau 2 ou équivalent, à faire en silence. Par respect, et parce que l’ambiance l’impose d’elle-même.

6. La réserve marine de Cerbère-Banyuls (Pyrénées-Orientales) : la pionnière

Créée en 1974, c’est la première réserve naturelle marine de France, et ça se voit. Au cap l’Abeille, en zone de protection renforcée, mérous, corbs et dentis ont retrouvé une densité qu’on ne voit presque plus ailleurs en Méditerranée. Les herbiers de posidonie y sont intacts, les tombants couverts de coralligène. Pour les débutants et les familles, le sentier sous-marin de Peyrefite permet de découvrir la réserve en palmes, masque et tuba. La preuve vivante qu’une aire marine bien protégée, ça marche : il suffit de quelques décennies et de beaucoup de patience.

5. L’Aiguille de Prony (Nouvelle-Calédonie) : la cheminée qui fume sous l’eau

C’est le spot le plus improbable de ce classement. Au fond de la baie de Prony, dans le sud de la Grande Terre, une gigantesque cheminée hydrothermale s’élève des profondeurs jusqu’à quelques mètres de la surface. Elle libère un fluide tiède, peu salé et très alcalin, né de l’altération des roches du sous-sol, et forme une tour minérale couverte de coraux et de poissons. Les scientifiques y étudient des micro-organismes qui pourraient raconter les origines de la vie. Les plongeurs, eux, y découvrent un paysage d’une autre planète, dans un lagon inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 2008.

4. La réserve Cousteau (Guadeloupe) : sur les traces du commandant

Face à la plage de Malendure, à Bouillante, les îlets Pigeon sont le cœur de la réserve qui porte le nom du commandant Cousteau. Eau à 28 °C, visibilité de rêve, tortues qui broutent tranquillement, éponges géantes, poissons-perroquets et gorgones : c’est le spot parfait pour un baptême comme pour une plongée de vieux briscard. Le passage obligé ? Saluer le buste immergé du commandant, posé à faible profondeur. Kitsch ? Un peu. Émouvant ? Aussi.

Fond marin de la réserve Cousteau en Guadeloupe avec un gros corail cerveau et des éponges tubulaires jaunes
Corail cerveau et éponges tubulaires dans la réserve Cousteau, au large de Malendure. Photo : Antoine Cupial, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons.

3. Les îles Lavezzi (Corse-du-Sud) : rendez-vous à Mérouville

Dans la réserve naturelle des Bouches de Bonifacio, entre Corse et Sardaigne, il existe un endroit où les mérous ne fuient pas : ils viennent vous voir. Le site s’appelle Mérouville, et le nom n’est pas usurpé. Des dizaines de mérous bruns, certains de plus d’un mètre, patrouillent entre les blocs de granit, avec ce regard blasé de propriétaire qui reçoit des visiteurs. Ajoutez des corbs, des dentis, des barracudas et une eau d’une clarté indécente : c’est l’une des plus belles plongées de Méditerranée. Le revers : la météo des Bouches, qui décide seule des jours où l’on peut y aller.

2. Port-Cros (Var) : la Gabinière, le tombant parfait

Le Parc national de Port-Cros, créé en 1963, est le doyen des parcs marins européens. Plus de soixante ans de protection, et le résultat est spectaculaire. Le joyau, c’est l’îlot de la Gabinière : un tombant vertigineux tapissé de gorgones, où les mérous se comptent par dizaines, entourés de bancs de sars, de dentis et de barracudas. Pour les non-plongeurs, le sentier sous-marin de la plage de la Palud offre une première immersion en palmes, masque et tuba. Port-Cros, c’est la démonstration que la Méditerranée peut encore ressembler à ce qu’elle était.

Un plongeur de dos face à un mérou qui nage vers lui dans l'eau bleue, entouré de petits poissons, sur le site de la Gabinière à Port-Cros
Face-à-face avec un mérou à la Gabinière, dans le Parc national de Port-Cros (août 2021). Photo : Waielbi, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons.

1. Rangiroa (Polynésie française) : la passe de Tiputa

Numéro un, sans discussion. Rangiroa, l’un des plus grands atolls du monde, s’ouvre sur l’océan par des passes où la marée fait entrer et sortir des millions de mètres cubes d’eau. La passe de Tiputa est une plongée dérivante mythique : on se laisse emporter par le courant entrant, et le spectacle défile. Requins gris de récif par dizaines, raies léopards, carangues, napoléons, et surtout des grands dauphins qui viennent jouer avec les plongeurs. Ce n’est pas une plongée, c’est un tour de manège dans une cathédrale bleue. Après Tiputa, on ne plonge plus jamais tout à fait pareil.

Vue de la passe de Tiputa à Rangiroa, avec le récif corallien affleurant, l'eau turquoise et un motu couvert de cocotiers à l'horizon
La passe de Tiputa, à Rangiroa : en surface, une carte postale ; dessous, des requins et des dauphins. Photo : kajikawa, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.

Le mot de la fin

Remarquez le point commun des dix sites de ce classement : presque tous sont protégés, en parc national, en réserve ou en parc naturel marin. Ce n’est pas un hasard. Là où l’on arrête de piller, la vie revient, et les mérous avec. Alors la prochaine fois qu’on vous expliquera que la protection de l’océan est une contrainte, emmenez votre contradicteur à la Gabinière. Le mérou se chargera de l’argumentaire.


Crédits photos : image à la une (tortue) et coraux de la réserve Cousteau : Antoine Cupial, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons ; mérou brun à Port-Cros : Arnaud Abadie, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons ; plongée à la Gabinière : Waielbi, CC BY-SA 3.0, via Wikimedia Commons ; passe de Tiputa : kajikawa, CC BY 3.0, via Wikimedia Commons.