Rana a repris la mer en juin, après quatre années à Monaco / Photo Institut océanographique de Monaco

Faune & Flore

Suivez la tortue Rana, égérie du centre de soins de Monaco

Après quatre ans, la tortue marine nage en Méditerranée, direction l'Espagne

La jeune tortue de Monaco descend vers les côtes espagnoles, suivie à la trace par l’Institut océanographique dirigé par la Fondation Albert 1er. Son histoire a marqué l’établissement et le scientifiques. En avril 2014, Rana est trouvée dans le port de Monaco. Encore tout bébé, elle est en état d’hypothermie. Les scientifiques la recueillent et la soignent.

Une histoire entre l’homme et la tortue

Un lien se crée. A force de la regarder évoluer, les scientifiques ont une idée. Rana fait germer l’idée d’un centre de soins pour les tortues marines, espèce menacée par les pressions que l’homme exerce sur les milieux marins.


Quatre ans après sa découverte dans le port de Monaco, Rana a bien grandi. Elle mesure 53 centimètres et pèse plus de 20 kg. Elle devient une ambassadrice de la cause des tortues marines. Cette espèce, malgré son capital sympathie auprès du public et son statut d’espèce protégée, est menacée par l’activité humaine: accumulation de plastique, surpêche, pollutions, urbanisation, collisions avec les navires etc.

Rana, ici à l’Institut océanographique de Monaco est repartie en mer / Photo Institut Océanographique de Monaco

 

 

Ainsi donc Rana est devenue l’égérie du centre de soin pour les tortues marines de Monaco né au printemps 2016. Son objectif: recueillir les tortues blessées, en vue de favoriser leur retour à la mer.

Le centre de soin et programme de protection des tortues

Situé aux abords du Musée océanographique de Monaco, le centre de soins sera composé d’une clinique et d’un bassin de réhabilitation. Les travaux, initiés en octobre 2017, devraient s’achever en fin d’année, pour une ouverture prévue au premier trimestre 2019.

Le programme de sensibilisation monégasque est foisonnant, intéressant autant pour les adultes que pour les enfants, à la maison qu’à l’école et mené par des scientifiques passionnés. L’engagement du musée se traduit par diverses actions:  conférences, livre, voyages d’étude et balisage de tortues  (Tubbataha Reefs / Méditerranée) mobilisation de médias, partenariatscréation d’un jeu de société « SOS Tortues » . Le directeur  général de l’Institut océanographique, Fondation Albert Ier, Prince de Monaco, Robert Calcagno, a lui-même rédigé un ouvrage de référence: « Tortues marines, la grande odyssée ».

Pour mieux connaître leur comportement, les scientifiques monégasques ont installé une puce sur le dos de Rana. On peut ainsi la suivre en temps réel. Elle parcours chaque jour une bonne distance, comme entre le Cap d’Agde et Gruissan, soit une cinquantaine de kilomètres puis elle fait des ronds à chaque étape.

Gaëlle Richard