ALAIA-BAY
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Glisse 8 octobre 2021

On a testé la piscine à vagues en Suisse – Partie 1

Récit écrit et raconté par Jullian Lhoumeau, Fondateur Mer & Océan.

On est début août et je vois que la plupart des surfeurs pros français s’essaient à une nouvelle piscine à vagues en Suisse : Alaïa Bay. J’avais déjà écrit un article sur les piscines à vagues, sur ce que je pensais d’elles, mais sans jamais en avoir vraiment surfée (à part des vagues artificielles et des vagues statiques). C’est alors que je propose à Jérémi (membre de l’équipe The Woodstock et en charge des articles sur Mer & Océan) d’entrer en contact avec Alaïa Bay afin de leur proposer un article. 

C’est assez rapidement que Vincent, le directeur de la communication d’Alaïa, nous répond que nous pouvons prévoir notre venue en Suisse avec Jérémi, Pierre Frechou (vidéaste et photographe), Ugo Robin (freesurfer et prof de surf sur Seignosse) et moi-même. 

Le départ

Il est mardi matin, mes affaires ne sont pas prêtes, j’amène mes filles à l’école et rejoins le bureau pour boucler les dossiers de The Woodstock avant de partir prendre l’avion pour arriver en Suisse en fin de journée. 

Visiblement, la météo s’annonce idéale. La veille du départ, Vincent nous prévient d’ores et déjà que tout s’annonce parfait. 

11h30, je pars du bureau préparer ma planche et mes affaires, mais c’est le choix des combinaisons qui s’avère difficile. J’opte finalement pour la 2/2 et la 3/2 qui finissent dans ma housse. Ne voulant pas partir trop chargé, je finis par prendre ma planche passe-partout : une Black Box 3 en 5’9 de JS Industries (un des derniers modèles de la marque australienne). 

À l’aéroport de Bordeaux, nous retrouvons Ugo et sa chérie Elisa, qui se joint à nous pour le voyage. Tout se passe sans accro, à part cette légère phobie pour l’avion qui sommeille toujours en moi. On est déjà hyper excité à l’idée de découvrir ce qui nous attends…

Bienvenue en Suisse !

Nous y sommes, l’aéroport de Genève. Le temps de récupérer la voiture de location et c’est parti : direction la ville de Sion. Sur la route, nous subissons les zigzags du poids de l’équipe qui se penche au rythme de Paul Fisher de part et d’autre de la voiture pour profiter et filmer les vues plongeantes sur le Lac Léman et les montagnes qui nous entourent.

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Vue du lac Léman depuis l’autoroute, direction Alaïa Bay.

La nuit tombe, nous arrivons à Sion. Pas le temps de passer déposer tout notre matériel à notre chalet de location (la Rock House) que nous partons directement sur le spot d’Alaïa Bay. Premier arrêt, on pense y être, on entend le bruit des vagues mais ce n’est pas la bonne entrée, c’est celle du club de tennis. La pression monte et se fait ressentir, du surf, du surf, du surf… La promesse d’une vague « parfaite » provoque toujours ce sentiment incroyable en vous, mêlée d’impatience et de passion, comme lorsque votre amour de lycée doit vous rappeler sur le fixe de vos parents.

Bref, nous remontons dans la voiture, faisons demi-tour, et là c’est sûr nous y sommes. On dirait un parking de bord de plage avec des vans, des planches sur les toits et des mecs qui sortent leur matériel des voitures, et pourtant on dirait un parking d’une station de ski… Et le froid qui tombe avec la nuit nous rappelle bien que nous sommes en montagne. Mais pas le temps de rêver de raclette, nous partons limite en courant vers là où on entend le bruit de ses vagues créées par l’Homme.

Très vite, on sent l’odeur de la piscine. On arrive devant un escalier de quelques marches qui nous a fait penser au célèbre surfshop Boardriders de Capbreton.

Et là c’est parti, on est face à la piscine qui reste encore un peu cachée par la billetterie. On discerne à peine les vagues. Après avoir présenté notre pass sanitaire et récupéré nos bracelets pour accéder au complexe, on peut enfin monter au bar-restaurant qui surplombe la machine à surfer.

Nous y sommes, mais vient alors la frustration de voir des vagues parfaites dérouler devant nous, sans pouvoir se mettre à l’eau. Des gauches et des droites complètement dingues, avec un tube sur la dernière section, de quoi bien s’éclater !

On se rabat plutôt vers le bar. Pierre, notre photographe, nous retrouve plus tard dans la soirée. Autour d’une bière et d’un bon plat, nous discutons de l’endroit atypique où nous sommes, et on profite pleinement de la qualité du restaurant. On reste tout de même dans l’attente de savoir ce que cela va faire de surfer cette vague artificielle. 

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La team, contente d’être arrivée !

La nuit et la fatigue se font ressentir, nous partons pour notre ravissant chalet à 10 minutes de la piscine, perché dans la montagne. 

Les premières sensations

L’aube se lève, je suis réveillé et j’observe les montagnes qui surplombent la ville. Je pose mes dérives et mon leash, je prépare ma combi, le café, une douche et je suis prêt. Nous sommes attendus pour 9h sur place. 

Pour commencer la journée, c’est la session Advanced (voir le tableau en bas de l’article pour le détail des sessions) qui nous attend. Pour nous, ce matin ce sera la gauche (vague qui déferle vers droite quand vous la regardez depuis le bord). Après les consignes de sécurité données par le coach de notre session, nous partons enfin à l’eau en file indienne tirés par le courant jusqu’au fond de la piscine. 

Les repères sont totalement différents, pas de barre, pas de vagues à regarder déferler, pas de séries à prendre dès l’entrée dans l’eau pour se chauffer. 

Ici, l’eau est transparente, on se demande si on a oublié son bonnet de bain ou si on doit faire une brasse ou un crawl. Mais non, c’est bien pour une session de surf qu’on est là, et, dans l’angle exiguë du fond de la piscine, nous sommes une dizaine à attendre que le coach lance la session. 

Et c’est parti, le bruit du lancement de la machine commence comme un appel de modem pour rejoindre le réseau internet comme en 1997, et là, une ondulation commence, le coach rappelle qu’on démarre au chiffre 3 (marqué sur le mur qui longe la piscine) et pas avant car on peut louper la vague.

Ça y est, la première vague sort du mur (oui, littéralement, c’est l’effet que ça donne). Vous observez tout le monde partir et notamment Ugo qui s’efforce de vider la piscine à chaque roller backside ! C’est mon tour et bizarrement j’ai la pression. Un peu la même qu’à l’océan, quand vous êtes placé parfaitement pour la bombe quand le set arrive et que vous savez que tous les mecs derrière vous regardent en espérant que vous allez tomber. Alors je rame, d’abord doucement et je me rends compte que le courant m’aspire vers ma vague qui arrive et que je suis en train d’arriver avant le 3 donc j’accélère, je mets les bras, les pieds, bref tout y passe et je démarre. On pense que ça va pousser fort mais ce n’est pas le cas. La vague est rapide mais pas très puissante. On voit mal la lèvre tellement l’eau est transparente. Et avec l’eau non salée, ça ne flotte pas pareil !

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Ugo vidant la piscine à chaque roller backside.

Première manœuvre ratée, deuxième inachevée, oui, ça ressemble bien à mon surf, qui peut être parfois bon et parfois moins bon.

Retour au pic, on retrouve le même esprit qu’à l’eau (salée) tout le monde essaie de passer devant pour être dans le prochain set. Mais rien y fait, nous on se marre bien et on profite de la vue qui est tout de même incroyable. Bref, on met l’ambiance que l’on aime, celle des potes qui partagent une session. On s’interroge sur le placement, l’attaque de la vague et comment bien la surfer. 

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Jérémi, en action pendant la session Advanced.

Le rythme est incroyable, sur une heure on prend chacun entre 15 et 20 vagues, que l’on surfe à fond. J’avoue que le mode Advanced est marrant mais la vague manque de puissance. Qu’à cela ne tienne, dans 3 heures nous sommes conviés à la session Expert, plus puissante avec un petit tube en fin de vague.

Des vagues (trop) parfaites ?

C’est génial le lieu est vraiment bien pensé, le déjeuner est excellent et on se rhabille pour le rendez-vous avec la session Expert. Il est 13h, Pierre prépare son matériel pour un watershoot. Cette fois, nous sommes 4 à aller dans l’eau. Encore la gauche pour nous, visuellement sympa, mais nous regrettons la droite qui a l’air bien plus tendue. 

Et ça redémarre, la vague accélère plus, le surf est plus radical, les manœuvres sont plus faciles à passer, il ne faut pas réfléchir et analyser la vague, il faut préparer ses manœuvres sans analyser la vague.

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Session Expert

Bonne session, même si quelque peu rébarbative, heureusement, ils augmentent l’intensité de la vague toutes les 20 minutes histoire de faire ressentir les capacités de la machine, et ça, c’est plutôt cool.

C’est la pause, on enchaîne les interviews avec les équipes et le fondateur. Les gens sont chaleureux, ouverts, connaisseurs et passionnés, mais ce qui nous a fait plaisir, c’est qu’ils ont pensé à la partie écologique ou en tout cas ont évité de trop polluer. 

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Interview d’Ugo Robin. La suite est à retrouver dans un prochain article dédié à son expérience à Alaïa Bay.

La nuit tombe, et nous sommes conviés à LA Session : la Pro (qui devrait se transformer en Beast). À ce moment là je suis épuisé et dès que la nuit est tombée, on est éclairé comme sur un terrain de foot. L’eau a encore une vision différente. C’est comme jouer au tennis la nuit en étant myope, on cherche la balle au dernier moment en ne la voyant pas venir. 

Mais les indications du coach sont très claires, pour se lancer sur la droite partez à 3.5, de suite vous avez un carve après tu peux mettre une deuxième manœuvre ou tu te freines et à la dernière section il y a un tube. Ok, c’est parti, on se lance et j’avoue c’est marrant ! Mais c’est pareil, si vous y allez un jour ne cherchez pas à taper la lèvre, faites votre carve ça passe tout seul, et évitez d’aller chercher de la vitesse au bottom, ça ne marche pas (enfin, ça n’a pas marché pour moi). 

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Jullian, niché dans le tube.

Deuxième intensité de vague, les jambes sont lourdes de fatigue, mais la vague est vraiment intense à ce moment là et le tube commence plus tôt. Je ne le vous cache pas, c’est vraiment un tube. Je pars, je mets ma manœuvre un peu trop haute, je reviens dans la poche de la vague et là je vois le tube se tendre vers moi et je fais mon premier tube en piscine qui ressemble à ceux en mode training dans Kelly Slater Pro Surfer. Mais oui, c’est grave et on a tous le sourire aux lèvres. 

Une expérience unique

C’est vraiment une expérience réussie pour moi, j’ai trouvé ça amusant, mais il faut être avec des potes. C’est vrai que pour tout surfeur qui veut progresser ou s’entrainer pour de la compétition c’est génial. Et l’ambiance est plutôt bonne, grâce à la bonne humeur et la spontanéité des gens qui gèrent l’endroit. C’est fun, bien fait, le cadre est parfait et le réceptif est vraiment au point. 

Bien sûr après ça, vous n’avez qu’une envie : rentrer surfer des vagues chez vous, totalement aléatoire, attendre le set, ramer vers votre vague et être libre. Ce qui m’a le plus manqué c’est d’être libre, d’avoir le choix, et l’odeur de l’iode et du sel. Si on me proposait d’y retourner, j’irai sans hésiter. Je regrette juste que la vague ne soit pas plus longue et pas toujours en Pro ou en Beast, j’avoue que les sessions Pro le soir, avec le manque de luminosité, ce n’est pas l’idéal. 

Mais le jeu en vaut la chandelle. Alors oui, ce n’est pas l’océan et ça, tout le monde est d’accord. Ce n’est pas non plus éco-responsable, mais pas moins que le ski avec les remontés mécaniques. Mais pour tout jeune champion qui s’entraîne (et Lenny sera d’accord 😉) c’est efficace. N’y allez pas pour avoir un surf trip mais bien pour vous entraîner. Bien que le trip sur place est sympa surtout quand on a une équipe aussi drôle que la nôtre et celle d’Alaïa.

Merci à tous, merci Alaïa Bay. 

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Plusieurs sessions sont disponibles à l’Alaïa Bay :

  • Session Waikiki : une vague idéale pour les débutants, pour leur permettre de progresser et travailler les bases.
  • Session Malibu : une vague parfaite pour essayer différents types de planches et plus puissante que la vague Waikiki.
  • Session Intermédiaire : une vague plus rapide et un peu plus puissante que celle de la session Malibu.
  • Session Advanced : une vague qui offre un mur tout du long, idéale pour améliorer ses manoeuvres. Elle peut évoluer au fil de la session en étant plus creuse sur la dernière section par exemple.
  • Session Expert : une vague parfaite pour tous les surfeurs confirmés et qui donne des petits tubes sur la dernière section.
  • Session Pro : une vague plus puissante et plus creuse que celle de la session Expert avec un plus gros tube sur la dernière section. Accessible uniquement après avoir fait 2 sessions Expert.
  • Session Beast : une vague sous la forme d’un slab où seul le tube est jouable. Accessible uniquement aux membres de l’Alpine Surf Club ou sur invitation

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