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Tortue géante, image viia Pixabay

Environnement 3 décembre 2019

Les sanctuaires marins

Le réchauffement climatique présente une double menace environnementale : d’une part l’inquiétante montée du niveau des océans qui menace de submersion différentes régions côtières de par le monde et, d’autre part la disparition d’écosystèmes marins entiers. Afin de préserver la biodiversité marine, la création de sanctuaires marins est une des solutions déjà mises en place et qui doit se développer. Si ces espaces protégés répondent à des impératifs écologiques évidents, ils suscitent des réticences importantes, y compris au niveau des États.

Qu’est-ce qu’un sanctuaire marin ?

Le sanctuaire de Cordell Bank en Californie, image via Cloudfront

Un sanctuaire marin est destiné à la sauvegarde des écosystèmes en atténuant l’impact négatif des changements climatiques. Les habitats côtiers sont des pièges à carbone dont la préservation permet de soustraire les espèces marines à différentes menaces : la perturbation de la vie marine, la pollution, la surpêche, etc… La création de sanctuaires marins a également un rôle éducatif de grande importance. Leur mise en valeur et leur ouverture au public permet de sensibiliser les jeunes et les moins jeunes à la vitale importance de la biodiversité.

Les sanctuaires marins renommés

L’un des sanctuaires marins les plus réputés est celui de l’Archipel des Galapagos. Point de départ de la théorie darwinienne de l’évolution, ces îles abritent des crabes rouges, des iguanes et autres tortues géantes en surface, ainsi que plus de 300 espèces marines parmi lesquelles on trouve l’otarie à fourrure et le requin à cornes. Les Pacific Remote Islands aux Etats-Unis sont constituées de sept atolls de 1,6 million de km² qui sont dédiés à la protection de coraux âgés de plusieurs milliers d’années, de tortues de mer, de requins et du dauphin d’Electre menacé de disparition.

L’archipel de Hawaï est un refuge pour les tortues vertes et les phoques moine, le parc néo-calédonien de la mer de Corail héberge une cinquantaine d’espèces de requins différents, ainsi que des coraux et des fossiles vivants tels le nautile. Sur l’île de Pitcairn, l’espèce de tortue la plus en danger d’extinction, la tortue imbriquée est ultra-protégée, aux côtés du pétrel de Henderson. Tandis que l’Archipel des Bahamas est un havre de paix pour les plus vieux récifs marins datant de plus de 3 milliards d’années : les stromatolites. C’est d’ailleurs en ces lieux qu’est né le premier parc marin mondial en 1958.

Le sanctuaire marin des Îles Cook, ©europe1.lanmedia

La France n’est pas en reste avec le parc naturel d’Iroise dans le Finistère qui cache 25 % des mammifères marins de l’Hexagone tels que dauphins, loutres et phoques. On y trouve également des coraux jaunes, des gorgones et même le requin pèlerin qui vient y estiver. Ce lieu est riche d’immenses champs d’algues marines géantes avec près de 300 espèces différentes !

Les mesures et les obstacles

La prise de conscience de l’urgente nécessité de créer des sanctuaires marins est bel et bien présente. Ainsi la Communauté Européenne a-t-elle enjoint ses États-membres côtiers d’installer des zones protégées en faveur des espèces marines et des habitats sous-marins. Néanmoins l’objectif visé d’atteindre un taux de protection de 10 % des océans mondiaux à l’horizon 2020 est hélas loin d’être envisageable.

Le sanctuaire marin de Pelagos dans le Var, ©francetvinfo

Un exemple en est donné par l’accord international qui a été conclu suite à de très longues tractations pour créer un sanctuaire marin dans la mer de Ross en Antarctique. Ce projet qui prévoit de s’étendre sur une surface de plus de 1,55 million de km² a pour finalité de protéger baleines, phoques et manchots parmi plusieurs milliers d’espèces uniques. Hélas les intérêts économiques prenant le dessus, de peur de conséquences négatives sur les droits de pêche, la Chine et la Russie ont fini par mettre leur veto sur ce projet.

Ed. W.