A bord du De Gallant, la vie s'organise pour dix jours de mer / Photo Aude Ferbos

Nautisme 5 juin 2018

Tall Ships Regatta. La régate entre deux journalistes embarquées

[LA TALL SHIP DES CONSOEURS #1]

Deux journalistes du Groupe Sud Ouest sont à bord de deux bateaux de la Tall Ships Regatta, Aude Ferbos et Marjorie Michel. La première arrivée à Bordeaux a gagné

La course débutera réellement mercredi. Deux journalistes du Groupe Sud Ouest se trouvent à bord de deux bateaux de la Tall Ships Regatta pour l’étape Dublin-Bordeaux. Aude Ferbos se trouve à bord du De Gallant, Marjorie Michel sur le Morgenster. Entre elles, c’est la course dans la course. Le principe est on ne peut plus simple: la première arrivée a gagné! Point d’atterrissage: la bouée BXA d’entrée du chenal de l’estuaire de la Gironde. Mer et Océan sera l’arbitre! Bon d’accord, les jeux sont un peu pipés puisque les deux navires sont très différents. Le De Gallant mesure 27 mètres et le Morgenster 37 mètres, avec des surfaces de toile bien différentes. Il n’empêche, jouons!

Dans la baie de Cork

Aujourd’hui mardi, les vieux gréements de la Tall Ships Regatta font une parade dans la baie de Cork au sud de l’Irlande. Les bateaux commenceront avec du vent du nord à nord-est, force 3 à 4, dans une mer peu agitée puis devraient toucher du vent d’ouest à nord-ouest, avec des pluies passagères dans les prochains jours. Ils seront donc au portant pour arriver en Gironde lors de cette étape Dublin-Bordeaux de la régate des grands voiliers.

« Ambiance très cool »

Marjorie Michel

Marjorie Michel, à bord du Morgenster: « 1er jour, lundi, à bord du Morgenster. Grand soleil, ciel bleu, chaleur, 5 ou 6 nœuds de vent. Démarrage de la journée avec l’ascension de la mature, exercices de sécurité, nettoyage de tous les espaces du bateau dedans, dehors, manoeuvres, brassage des voiles. Premier quart effectué de 12 heures à 16 heures, le prochain sera de minuit à 4 heures. On aura toujours le même rythme… ça va piquer. Le plus dur sera le quart minuit-4 heures! Mais on aura le droit de dormir un petit plus tard le matin. Ouf! On a déjà mangé 4 fois dans une journée, je vais prendre 10 kilos! Ambiance très cool à bord. A bientôt pour de nouvelles aventures. »

« Déjà des ampoules aux mains »

Aude Ferbos

Aude Ferbos: « Premier jour de mer à bord du De Gallant une goélette en acier de 1916, ex bateau de pêche au hareng reconverti. A bord, 4 membres d’équipage professionnels sous la houlette du capitaine Guillaume Roche, mais aussi 6 adolescents bordelais deux adultes à mobilité réduite et un malentendant. Après une matinée briefing, départ en douceur au son des cornemuses et dans le respect des traditions :les matelots ont montré leurs fesses. Et puis il a fallu hisser les voiles. Découvrir les manœuvres sur un bateau de 36 mètres. Technique et physique… Plus de deux heures pour hisser la grand voile, la misaine, le foc, le clin foc etc…. Quand l’équipage pro le fait en 29 minutes. Première suée, premières ampoules, premières courbatures. Mais voilà Arawak, le collègue bordelais, qui nous rattrape. Re coutume. Corne de brume. Puis le Morgenstern nous dépasse. Le temps de dire bonjour à Marjorie et de prendre la température de son bord: « super symp »a assure-t-elle. La mer est calme, il fait beau mais pas question de bronzer :en avant les exercices de matelot age et le briefing sur les quarts suédois. La vie a bord s’organise: la journée sera divisée en deux fois six heures, la nuit en trois équipes de permanence de 4 heures. A l’heure ou les phoques se fraient une place entre les cargos, le capitaine prépare le repas: pâtes au pesto maison aromatisées aux herbes fraîches du bord. Pas le temps de faire la vaisselle: tout le monde dehors, il faut empanner. Ca y est les « trainees » (stagiaires) commencent à parler le langage de la voile, choquent, bordent, affalent, étarquent. Des ce soir un nouveau défi nous attend :les quarts de nuit. La régate débutera vraiment mercredi. »

A 13 heures ce mardi, Morgenster file à 6 noeuds devant De Gallant à 4 noeuds. Pour suivre a course, c’est ici.