Le garco voilier Neoline prendrait la mer en 2021 / Photo Mauric

Économie 28 novembre 2018

Le cargo voilier transatlantique transportera des voitures Renault

Des voitures prendront la mer de Saint-Nazaire à Saint-Pierre-et-Miquelon dans un cargo à voiles

En 2021, des voitures Renault seront acheminées à Saint-Pierre-et-Miquelon par voie de mer. Le secteur du transport maritime entame une véritable mutation. Après Airbus,  et CMA-CGM, le groupe Renault s’engage dans le transport maritime à la voile. Renault et la société nantaise Neoline viennent de signer un partenariat. L’industrie maritime s’adapte à l’enjeu de lutte contre la pollution maritime.

Une centaine de voitures prendront la mer

Le cargo à voiles de Neoline transporterait entre 50 et 100 voitures par an, sur un contrat de trois ans. Le Neoliner est un démonstrateur commercial, une sorte de testeur grandeur nature. Il transportera dans ses soutes les véhicules Renault fabriqués en France, notamment des Kangoo, Trafic et Master utilitaires vers l’île française proche du Canada. Selon Neoline, il lui faudra environ 21 jours, en passant par Bilbao, Charleston et Baltimore, aux Etats-Unis, avant d’arriver à Saint-Pierre.

Un cargo voilier innovant

Selon Renault, « ce démonstrateur, navire-roulier de 136 mètres de long et de 4.200 mètres carrés de voilure, combine de façon innovante des solutions techniques issues du transport maritime et de la voile sportive ». Il répondrait aux exigences à la fois logistiques et économiques.

Selon Neoline, le navire permettrait de « réduire jusqu’à 90% des émissions de CO2, comparé à un cargo traditionnel sur un trajet équivalent ». Il aura recours à une propulsion éolienne principale associée à une vitesse économique et à l’optimisation du mix énergétique.

Des noms connus

Neoline, dont le président n’est autre que l’ancien commandant du Belem, Michel Péry, ambitionne de faire construire deux navires pour cette ligne pilote. Le coût serait de 35 millions d’euros par bateau. Neoline a lancé cet été l’appel d’offres pour la construction de deux voiliers de type rouliers.

A l’image du vinyle dans la musique

Pour Sylvain Roche, doctorant en économie de l’innovation sur la thématique des énergies marines et de la croissance bleue, ce partenariat est une bonne nouvelle. « La résurgence de la voile comme propulsion des navires marchands témoigne qu’une innovation technologique n’est jamais morte et qu’il suffit d’un contexte particulier (ici le couplage entre nouveaux impératifs environnementaux, coût de l’énergie et remise en question d’une mobilité de « l’hyper-vitesse ») pour la réveiller. La voile est au transport maritime ce qu’est le vinyle à l’industrie de la musique ».

Gaëlle Richard