SCULPTURE-BILBAO
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Insolite 6 octobre 2021

La sculpture « Bihar » interpelle sur la crise climatique à Bilbao

Bilbao, une ville au nord de l’Espagne entourée de montagnes verdoyantes, est connue pour son musée Guggenheim de Bilbao à l’architecture unique, qualifiée de « prouesse technologique » et abritant des expositions du monde entier. Celui-ci est non seulement un moteur culturel mais aussi économique car Bilbao a connue une grave crise économique qui a forcé la ville à se renouveler. Tous ces élément font que cette ville est l’endroit parfait pour atteindre un grand public et parler aux monde entier.

Un artiste hyperréaliste

C’est là qu’intervient Ruben Orozco Loza, un artiste talentueux qui réalise des sculptures aussi réalistes que majestueuses. Rien n’est laissé au hasard, les cheveux sont ajoutés à la main à l’aide d’une aiguille plantée dans le silicone, des poils de nez… Tout est mis en œuvre pour nous ressembler, voir nous surpasser. C’est justement ce coté hyperréaliste parfois terrifiant qui nous secoue car on peut se voir dans ces sculptures, et surtout dans leurs yeux car si elles sont sans vie, leur pouvoir hypnotisant réside dans leurs regards et on dit que les yeux sont le miroir de l’âme.

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Une sculpture pleine de sens

Sa dernière en date intitulée « Bihar », qui signifie « demain » en Basque, a été réalisée grandeur nature dans le cadre d’une campagne menée par la fondation BBK et dont l’objectif est de sensibiliser les gens face à la question du changement climatique. Depuis le 23 Septembre, elle fait parler ; ses yeux pleins de désespoir, son corps invisible et sa tête qui se dévoile à peine au gré du courant du fleuve de Nervion à Bilbao, interpellent et inquiètent les passants. Si certains y voient un appel au secours, d’autres une résignation ou encore une acceptation, selon les interprétations. L’artiste lui a déclaré que l’objectif est de « prendre conscience que nos actions peuvent nous couler ou nous maintenir à flot ». Si la sculpture de 120 kilogrammes en fibre de verre peut paraître énorme, finalement elle parait petite dans l’immensité du fleuve, et c’est là toute la métaphore de l’œuvre. Selon BBK , c’est ce qui pourrait arriver si « nous poursuivons à miser sur des modèles non durables ».

Cette œuvre nous pousse à la réflexion, aucun passant ne peut rester indiffèrent à cette sculpture qui communique autant la détresse que le désespoir, et la tristesse au fil du temps. Quoi de plus comme sentiment humain finalement, quoi de mieux que l’affect pour parler aux gens et les toucher personnellement dans un monde où on matérialise les choses de plus en plus et où l’on s’éloigne de nos motivations d’abord en tant qu’être humain et ensuite en tant que citoyen. La question du réchauffement climatique nous concerne tous, et s’il faut passer par une prise de conscience collective, même si celle-ci peut sembler oppressante ou choquante aux premiers abords comme pour « Bihar », elle n’est finalement qu’une étape à franchir pour sortir la tête de l’eau.

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