L'océan Pacifique pourrait être doté d'une identité juridique / Photo La Communauté du Pacifique

Insolite 4 décembre 2018

La Nouvelle-Calédonie veut doter l’océan Pacifique de droits

Une vingtaine de chercheurs élabore une feuille de route pour donner des droits à l'océan Pacifique dès 2020

A la mi-novembre, une vingtaine d’experts réunis à l’Université d’Auckland a planché sur un texte qui donnera des droits à l’océan Pacifique.

Traiter l’océan comme une personne est une première dans la prise de conscience de sa nécessaire protection.

Une requête de vingt chercheurs

L’Institut de Recherche pour le Développement (IRD) de Nouméa avait déjà plaidé devant l’ONU pour la reconnaissance de l’océan Pacifique en tant que personnalité juridique.

Le journal Les Nouvelles Calédoniennes ne manque pas de souligner que cette démarche totalement nouvelle marque « une certaine rupture avec les concepts occidentaux du droit ». « L’idée a fait un bout de chemin » rajoute le quotidien.

La sphère politique aussi engagée

Selon Les Nouvelles Calédoniennes, les président calédonien aurait rappelé que l’île doit jouer un rôle moteur au sein de l’ensemble océanien quant à la protection de l’environnement et de l’océan en particulier.

« Ce n’est pas parce qu’elle est française qu’elle n’a pas ce lien avec l’océan qui l’entoure », argumente Victor David, juriste de l’environnement à l’Institut dans les colonnes du journal.

Donner identité à un lieu

En outre, le quotidien calédonien donne la parole à Valérie Cabanes, juriste en droit international spécialisée dans les droits de la nature. Elle précise: « En droit occidental, on protège l’environnement de manière morcelée : une espèce, une forêt, etc. On ne reconnaît pas les liens d’interdépendance entre les différents systèmes et l’effet cascade quand on perturbe l’un des systèmes. Le Code de l’environnement de la province des Îles va plus loin car il envisage de donner la personnalité juridique à des éléments totémiques, comme un lieu sacré ou un animal totémique, et donc au clan. »

La Nouvelle-Calédonie et l’ensemble océanien pourraient devenir un laboratoire pour faire émerger une autre manière de prendre en compte l’océan.

Gaëlle Richard