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Environnement 6 juin 2019

Un navire au secours des océans

C’est un spectacle désolant auquel ont assisté les équipages de plusieurs bateaux sur le canal de Corse le 21 mai dernier. Un véritable îlot de plastique de plusieurs dizaines de kilomètres s’est formé sur cette zone de la mer Ethyréenne. D’après François Galgani, de l’IFREMER, les courants, renforcés par les vents, accentuent l’accumulation de ces masses d’ordures sur cette zone de la Méditerranée. On vous en parlait justement il y a quelques jours.

Ce phénomène devrait durer quelques semaines, puis s’estomper.

Du plastique à la dérive

Ce qui ne représente en rien une solution, puisque l’îlot est condamné à voir se disperser l’ensemble des déchets qui le composent, avant qu’ils ne soient rejetés sur les côtes, ou ingérés par les poissons… A l’heure qu’il est, l’îlot a dérivé, et n’a pu être repéré par le Falcon 50 lancé à sa recherche. Et pourtant, cette pollution plastique, rendue visible par les conditions météorologiques, est bien installée. Des chiffres effarants (pour n’en citer qu’un : huit millions de tonnes de déchets plastiques sont déversés dans les océans chaque année) sont régulièrement publiés afin de réveiller les consciences.

Un navire antipollution

A la barre d’une initiative prometteuse, Nicolas Mazotti, Ludovic Amouroux et Julien Torre, trois ingénieurs originaires de Corse, ont imaginé il y a quatre ans un concept de « navire antipollution », autonome et entièrement consacré au ramassage des déchets en mer. Leur projet, baptisé « Corsican Blue Project », a pour objectif de mobiliser des technologies de pointe afin de construire un bateau capable de « collecter, stocker et revaloriser les déchets liquides et solides présents en surface ». Actuellement en phase d’ingénierie, ce projet a reçu un premier aval favorable de la part des responsables politiques locaux.

Prochaine étape : la présentation technique au Ministère de la Transition Ecologique. Outre le ramassage et le traitement des déchets, ce navire remplira d’autres missions : veille du littoral, assistance en mer ou encore production d’eau douce à bord.

Des initiatives prometteuses

Un autre projet de bateau porté par le navigateur franco-suisse Yvan Bourgnon a été dévoilé au travers de l’association « The Sea Cleaners ». « Le Manta », quadrimarran nettoyeur qui doit son nom à la raie et à ses fonctions filtrantes, devrait prendre le large dès 2022 pour ses premières missions. Les trois ingénieurs insulaires ont d’ailleurs rencontré les représentants de « The Sea Cleaners », pour une opération commune au large de la Corse. La technologie au service de la mer…

 

 

Ed.W