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Environnement 28 août 2018

Seuls 13 % de nos océans sont encore sauvages

La vie marine sauvage est en train de disparaître et risque de l'être complètement d'ici à cinquante ans, selon une étude scientifique

Ce n’est pas nouveau : les océans sont bel et bien menacés. Les scientifiques ne cessent de produire des études toujours plus alarmantes sur le sujet. Même si les océans couvrent 70% du globe, une grande part ne ressemble plus à ce qu’ils devraient être, en raison de l’augmentation du fret, de la pollution et de la surpêche…

La dernière étude en date, produite par une équipe internationale de chercheurs et publiée le 26 juillet dans la revue Current Biology, dévoile une réalité peu glorieuse : seul 13% des océans n’ont pas (encore) été détériorés par l’homme. Des zones préservées qui pourrait même entièrement disparaître d’ici à cinquante ans.

Illustration : Current Biology

La plus grande partie des zones sauvages dans l’Antarctique et l’Arctique ainsi que près d’îles reculées du Pacifique. Les zones côtières proches d’activités humaines sont celles où la vie marine est la moins florissante. Pour ces scientifiques, ces zones restent donc fragiles et c’est l’homme qui en est responsable.

« Les zones marines qui peuvent être considérées comme intactes sont de plus en plus rares à mesure que les flottes marchandes et de pêche étendent leur champ d’action à la quasi-totalité des océans du monde et que les ruissellements de sédiments ensevelissent de nombreuses zones côtières », Kendall Jones, chercheur à l’université du Queensland.

Des zones bientôt menacées

Au total, seuls 5% des zones marines restées sauvages se trouvent dans des régions protégées. Les autres zones encore préservées sont donc d’autant plus vulnérables.

Les auteurs de l’étude appellent au renforcement de la coopération internationale visant à protéger les océans, pour mieux lutter contre la surpêche, limiter les extractions minières sous-marines et réduire les ruissellements polluants. « Nous savons que ces zones diminuent de façon catastrophique. Leur protection doit devenir l’objectif d’accords environnementaux multilatéraux. Faute de quoi, elles disparaîtront vraisemblablement d’ici cinquante ans »a alerté James Watson, de la Wildlife Conservation Society australienne.

En 2016, l’ONU a commencé à travailler sur un accord international qui régirait et protégerait la haute mer. « Cet accord aurait le pouvoir de protéger de vastes espaces en haute mer et pourrait représenter notre meilleure chance de protéger la dernière vie marine sauvage », souligne Kendall Jones.