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Stewart Graves, patron de l'entreprise de construction navale Mainstay Marine Solutions // Photo © BEN STANSALL

Économie 19 septembre 2019

Pays de Galles : le Brexit menace un chantier novateur

C’est une entreprise de construction navale aux technologies innovantes que le Brexit menace aujourd’hui. L’entrepreneur gallois Stewart Graves est inquiet, car sa société et ses 80 employés sont concernés par un contrat d’équipement de navires de guerre pour le ministère britannique de la Défense.

Contrat qui est porté par l’Europe, qui soutient depuis longtemps les technologies d’énergie marémotrice de cette entreprise. Si Londres sort de l’Europe, qu’en sera-t-il de cette aide ?

Pour lui, si aucun accord n’est trouvé, il devra mettre la clef sous la porte.

Une fermeture si Londres ne prend pas le relais de Bruxelles

Mainstay Marine Solutions est une entreprise située sur un chantier naval à Milford Haven, et qui a vu naître les vaisseaux de la famille royale. Elle est aujourd’hui l’entreprise leader mondiale des technologies renouvelables. Et, pourtant, elle est menacée par le Brexit. En effet, c’est Bruxelles qui soutient en grande partie les projets et les technologies d’énergie marémotrice de cette entreprise innovante, lui accordant des financements.

Si Londres ne prend pas le relais de ces financements, c’est 40% des activités de Mainstay Marine Solutions qui cessent immédiatement. De plus, les tarifs douaniers qui seront probablement mis en place l’étoufferont encore davantage.

Le constructeur naval lance un appel à Londres, arguant notamment le fait qu’ « il ne s’agit pas de subventionner une industrie mourante mais d’investir dans une technologie de pointe ».

Sur l’un des dix ports francs

L’entreprise menacée se trouve sur l’un des dix ports francs que le gouvernement souhaite remettre en place, afin de stimuler l’économie. Un port franc est une zone portuaire dans laquelle les marchandises ne sont pas soumises aux taxes. Cependant, il est à noter qu’entre 1984 et 2012, les sept ports francs qui avaient été créés ont tous néanmoins fermé.

Ce n’est pas une statistique qui encourage les employés du chantier naval à retrouver le sourire. D’autant plus que le Brexit menace également les 500 emplois de la raffinerie Valero. Les entreprises du port sont d’ores-et-déjà ébranlées par d’autres taxes qui seraient créées pour l’importation des carburants. Taxes qui leur feraient perdre une grande partie de leur compétitivité.

Ces données, associées à un manque d’accord évident pour le Brexit dans les semaines à venir, ne rassurent pas Stewart Graves, toujours dans l’attente d’une décision de Boris Johnson, le premier ministre anglais, qui compte apparemment quitter le navire même sans accord, et n’a toujours pas annoncé la suite des événements.

Ed.W