Via ouest-france.fr

Économie 2 avril 2019

Le premier paquebot entièrement construit en Chine a été mis à l’eau

Lors d’une cérémonie organisée le 12 mars dernier à Shangai, le premier paquebot entièrement construit en Chine a été mis à l’eau.

L’Empire Céleste ne cache pas son ambition de concevoir au moins 10 navires pour des croisières à l’aube de l’année 2027 et de dépasser au plus vite les prouesses de la technologie européenne.

Le premier d’une longue série

Le chantier naval de China Merchants Heavy Industry de Shangai était en effervescence le 12 mars dernier. En effet, le navire exposé et présenté au public ce jour-là n’est pas n’importe quel navire. Baptisé « Greg Mortimer », il est de conception norvégienne, et a été commandé par une entreprise américaine nommée SunStone. C’est le groupe australien Aurora Expeditions, spécialiste des croisières polaires, qui l’exploitera. Il porte d’ailleurs le nom de son fondateur.

Le paquebot a été construit en moins d’un an et sera totalement équipé d’ici cet été, a indiqué le directeur du chantier naval Hu Xianfu. SunStone devrait donc pouvoir s’en servir dès le mois de septembre 2019.
Outre ce navire, trois autres sont d’ores et déjà commandés au constructeur chinois, dont l’un est déjà en cours de construction. Nommé Ocean Discoverer, il sera également affrété par Aurora Expeditions. La construction d’un troisième a débuté dès ce mardi 12 mars. Quatre paquebots seront ainsi livrés d’ici 2021, et une dizaine en 2027.

Une concurrence sérieuse pour les chantiers navals européens

Même s’il est un navire de petite taille (104 mètres de long et accueillant 255 passagers), il a tout pour inquiéter les chantiers navals européens. Y compris ceux de Saint-Nazaire, malgré leur paquebot géant de 362 mètres accueillant 6 700 passagers, dont la construction vient de débuter.

Adoptant un design similaire au paquebot CX103 de la société Ulstein, il comprend une étrave inversée X-Bow, et dispose de 93 cabines dont 68 dotées d’un balcon privatif. Il présente également 3 restaurants, des bars et des salons, un salon bien-être, une piscine et plusieurs bains à remous.

« Il signifie que la construction navale chinoise progresse », déclare Yin Haibo, directeur de projets des chantiers navals, estimant que l’écart se rétrécira aux alentours de 2024. Pékin souhaite enfoncer le clou en dépassant la technologie européenne au plus vite et encourage tout constructeur local à devenir de sérieux concurrents aux constructeurs européens.

Les prochains navires commandés seront plus grands, et dotés d’un helipad, d’embarcations semi-rigides ou gonflables, de kayaks ou encore de caméras sous-marines. On dit également qu’ils auront un robot permettant de transmettre des vidéos des fonds-marins.

Ed.W