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Le Musée Mer Marine proposera cet été une exposition temporaire / Photo G. R.

Patrimoine 5 juin 2018

Le Musée Mer Marine rebondit et prépare une nouvelle exposition

Après l'annulation de l'exposition Monet au Musée Mer Marine de Bordeaux, celui-ci annonce une exposition "qui mobilise toutes les énergies"

Vendredi midi, le musée Marmottan Monet annonçait l’annulation de l’exposition « Monet. Chefs-d’œuvre du Musée Marmottan Monet » qui devait prendre place au Musée Mer Marine de Bordeaux du 15 juin au 26 août. Après deux jours ouvrés, le musée bordelais rebondit et affirme qu’il annoncera « dans les prochains jours » une nouvelle exposition. Son fondateur et directeur, Norbert Fradin, ne repousse pas l’éventualité de poursuite judiciaires « si aucun accord amiable était trouvé » car le coût est « très élevé ». Le Musée Mer Marine a investi environ 500.000 euros, « de dépenses sèches, sans compter les pertes des bénéfices escomptés ».

« Nous avons reçu des centaines de messages de soutien sur nos messageries ou sur les réseaux sociaux. »

Tout en espérant trouver une sortie de crise amiable, le Musée Mer Marine fourbit déjà sa prochaine proposition muséale. Norbert Fradin annonce qu’il ne pourra « donner des précisions sur cette exposition que dans les prochains jours ». D’ores et déjà, il précise qu’elle « ne sera pas uniquement une exposition ». L’exposition Monet représente un quart du potentiel muséal du MMM, 1.500 m² sur les 10.000 au total.

Une nouvelle exposition

Le chef d’entreprise féru d’art laisse entrevoir « une proposition très humaine qui mobilise différentes énergies, de collectionneurs mais pas uniquement »…

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Norbert Fradin, dans la salle d’exposition qui devait accueillir les tableaux de Claude Monet / Photo G. R.

Avouant se sentir « meurtri » par la « décision unilatérale » du musée Marmottan Monet, il rebondit. « J’ai envie de donner à cette situation dommageable non seulement pour le Musée mais également pour les bordelais une belle exposition. Je suis désolé mais cet équipement bordelais n’a rien à envier à certains musées parisiens. »

« Vu de Paris, nous sommes peut-être le Petit Poucet mais nous proposerons quand même autre chose aux Bordelais. »

Le musée Marmottan Monet de Paris, dirigé par Patrick de Carolis, explique sa décision par un défaut de documents nécessaires. « N’ayant pas reçu les documents à date indiquée dans le contrat, le musée Marmottan Monet a été contraint d’annuler, pour la première fois de son histoire, l’exposition qui présentait 57 de ses œuvres de Claude Monet. » Il s’agit de certificats d’assurances. « Ce constat fait suite à de  nombreuses mises en garde afin de faire respecter les conditions de prêts formulées dans le contrat » affirme le musée Marmottan Monet.

Sécurité, assurances

Norbert Fradin se défend de n’avoir pas fourni toutes les garanties au musée Marmottan Monet. « Nous avons réuni toutes les conditions posées par le musée Marmottan, affirme-t-il. L’expert britannique du musée parisien est peut-être expérimenté dans la sécurité des mines de diamant mais le nôtre, Axa Art, l’est dans le domaine de la conservation d’oeuvres d’art. La commission sécurité de la préfecture de la Gironde a donné son accord, le test de désenfumage avec les pompiers est bon, l’entreprise de génie climatique et électrique ( Ceme) avec qui nous travaillons oeuvre habituellement dans les banques et les hôpitaux, celle de sécurité (Nexecur) assure celle de la Banque de France. Les travaux du reste du msuée allaient être interrompus durant l’exposition des tableaux de Monet. Il y a 24 caméras, nous avions prévu douze gardiens physiquement postés… » Il précise avoir engagé les « entreprises avec lesquelles le musée Marmottan est habitué à travailler: l’organisateur italien de l’exposition Arthemisia, la société de transport des oeuvres LP Art, l’imprimeur du musée. » Il liste les dépenses engagées: « la location (parce que c’est un « prêt » mais payant) des oeuvres, le régisseur, le scénographe, l’impression du catalogue, la communication et publicité ».

Le musée Marmottan Monet reproche « un chantier inachevé », « des défaillances dans le contrôle climatique et le niveau d’empoussièrement du lieu », « l’absence de techniciens: régisseur, installation, responsable des expositions », « divers points sur la mise en fonctionnement des équipes de sécurité » et des documents, notamment les assurances, parvenus après échéances contractuelles.

G. R.

 

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