Quotidien des employés de la marine marchande chamboulé // Photo libre de droit

Économie 24 juillet 2020

La marine marchande vers une crise humanitaire après la crise sanitaire ?

La marine marchande tire la sonnette d'alarme.

Intro

La crise sanitaire mondiale engendrée par le coronavirus a eu de nombreuses conséquences inattendues sur l’ensemble de l’organisation économique et sociale mondiale. Le quotidien des employés de la marine marchande s’est également vu devenir de plus en plus difficile à supporter.

Les conséquences du confinement sur les marins


En premier lieu, il est important de préciser que 85 % des biens mondiaux circulent à travers la planète grâce à la navigation marchande. Impossible alors, pour les compagnies de navigation marchande, de cesser toute activité durant la crise sanitaire de la COVID-19, malgré la fermeture processive des frontières instaurée depuis la mi-mars 2020. Ainsi, des milliers de marins, soit près de 200 000 environs selon l’OMI (l’Organisation Maritime Internationale), sont bloqués en mer, dans l’impossibilité de débarquer sur la terre ferme. Pour certains, cette situation dure depuis plus de 15 mois, puisqu’une grande majorité des ports à travers le monde refusent le débarquement des marins sur la terre ferme. Ainsi, la relève des équipages aux quatre coins du monde ne peut être effectuée, et les mêmes équipes de travail se relaient en continu depuis des mois.

Cette situation inquiétante est notamment dénoncée par le président de l’Association Française des Capitaines de Navires, Pierre Blanchard. Dans une interview accordée à France Culture, ce dernier tire la sonnette d’alarme sur l’état de fatigue physique et morale très avancée des marins. En effet, ces derniers sont dans l’obligation de travailler en continu à bord des navires de marchandises, obligés d’alterner les quarts de travail, et dans l’impossibilité de rentrer chez eux. L’épuisement à bord est tel que Pierre Blanchard avoue craindre une accumulation d’accidents du travail. Par ailleurs, plusieurs suicides ont déjà eu lieu à bord de ces navires, et beaucoup d’autres sont à craindre si la situation ne s’arrange pas rapidement.