Le dauphin à bec court a appris à modifier son langage / Photo J-J Abalain via Flickr

Faune & Flore 12 septembre 2018

Kylie, le dauphine polyglotte apprend le langage marsoin

Un dauphin délaissé par les siens change de "langage" en présence de marsouins

Kylie est un dauphin abandonné par son groupe il y a 17 ans. Loin des siens, il a ressenti le besoin de communiquer avec des animaux proches de son espèce. Il a donc appris le « langage » marsoin en côtoyant un groupe de marsouins.

Kylie est donc polyglotte, tout comme les humains. Capable d’apprendre une nouvelle forme de s’exprimer et de communiquer.  C’est ce qu’ont découvert les chercheurs de l’Université de Strathclyde, à Glasgow en Écosse.

Kylie a appris à cliquer comme un marsouin

Les scientifiques américains ne sont pas étonnés de ces résultats. Les cliquetis que les dauphins habituels utilisent pour l’écholocation pour naviguer et chasser sont peu étudiés, mais les données disponibles suggèrent qu’ils sont à large bande et qu’ils ont des fréquences maximales inférieures à 100 kilohertz (KHz). Ils produisent également d’autres sons à des fins de communication, y compris des sifflets et des aboiements.

En revanche, les marsouins communs ne produisent que des clics d’écholocalisation à haute fréquence à bande étroite avec des fréquences maximales autour de 130 KHz. Les clics sont utilisés pour les déplacements et la recherche de nourriture, ainsi que pour la communication.

Une première

Mel Cosentino, étudiant en doctorat à l’Université de Strathclyde, est heureux d’assister à une première découverte. « Cette capacité d’apprentissage vocal a principalement été observée chez les individus en captivité et peu de cas ont été signalés chez les cétacés sauvages. »

Les scientifiques vont affiner leurs recherches. Cependant, déjà, on apprend que  les premiers résultats suggèrent que le dauphin modifie son répertoire acoustique, probablement en raison des interactions avec les marsouins.

« Si une analyse plus poussée montre que tel est le cas, ce serait la première fois qu’un dauphin commun, en captivité ou dans la nature, aurait démontré une capacité d’apprentissage. »

G. R.