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Greg Rabejac appréhende la vague comme une oeuvre d'art, il en décortique la matière, la transparence et les mouvements / Photo Greg Rabejac

Lifestyle 18 décembre 2018

Greg Rabejac, le photographe sculpteur de vagues

[vidéo]

Le photographe Greg Rabejac, passionné de surf et de vagues, publie une vidéo intitulée "Sculptures". Où la vague prend forme d'art

Le photographe Greg Rabejac publie une vidéo de vagues du Pays-Basque qu’il filme comme des sculptures vivantes. Le film s’appelle « Sculptures ». L’artiste a plus d’un tour dans son caisson étanche. Il raconte comment, des heures durant, dans sa combinaison chauffée et musique sur les oreilles, il reste dans l’eau, aux aguets.

Pour « Sculptures » s’appelle « Sculptures »?

J’ai voulu une réflexion sur la vague. Depuis une vingtaine d’années que je photographie le surf, je m’aperçois que le grand public est aussi captivé par l’exploit sportif que par la vague elle-même.

Greg Rabejac / Photo via Facebook Odisea

Au bout d’un moment c’est les support qui m’a intéressé plus que l’exploit. Je me suis mis à l’eau au Pays-Basque pour traquer la « vague de studio ». Je me concentre sur sa texture, la lumière, la matière, l’environnement (jeu de félexion avec les montagnes).

« La prendre en photo c’est un peu découvrir une montagne que personne n’a vue. »

Lorsque l’on se place au ras de l’eau et que l’on commence à l’étudier, c’est un monde de micro détails qui s’ouvre. J’ys suis allé. À partir de là, j’étais foutu! Hypnotisé. On a le sentiment de découvrir un nouveau monde et on finit presque par se trouver déconnecté de la réalité. J’aime vivre ce travail en solitaire car cela intensifie le rapport avec la nature.

Concrètement, comment se passent vos séances à l’eau?

L’eau est froide! Je n’y reste donc que 3 ou 4 heures.  Il faut être bien équipé, je teste les MP3 étanches de Tribord, depuis 7 ans, ça m’a changé la vie. J’ai une combinaison avec chauffage intégré. Je reste très vigilant dans l’eau car, là où je me trouve, il y a moins d’un mètre d’eau et la falaise se trouve à 15 mètres derrière. Donc, le but du jeu consiste à s’approcher le plus près possible sans se laisser embarquer par le courant. J’ai déjà pris des coups de caisson dans la figure, je me suis même ouvert le nez, en voulant approcher l’oeil du viseur. Il est même arrivé que des promeneurs, me voyant, alertent les pompiers!

« Je travaille la matière, la lumière » / Photo Greg Rabejac

Quels moments privilégiez-vous pour capturer vos images?

Je pars à l’eau en fonction de la lumière et de la couleur de l’eau. Plutôt l’été et l’automne car l’hiver la couleur de l’eau moins esthétique. Le top, c’est l’automne. J’aime travailler à « l’heure bleue », dès que l’on sort de la nuit noire avant le lever du soleil. Ce moment dure 3/4 d’heure. Je me lève à pour être à l’eau à 5h30 et à 6h30 c’est fini.

« C’est à l’automne que la lumière est la plus belle » / Photo Greg Rabejac

Qu’est-ce qu’une « vague de studio » comme vous les nommez?

C’est, pour moi, la vague idéale. Il ne faut pas plus 2,50 mètres de houle, sinon c’est impossible de tenir. De plus, si la houle est trop forte, l’effet cathédrale et le côté cristallin disparaissent. L’idéal c’est la vague de monsieur tout le monde d’environ 1,50 mètre. Je shoots uniquement avec un objectif macro (objectif 105 mm de Nikon). Ainsi, cela me permet de rentrer dans les détails dans la matière. C’est un peu comme une loupe.

Quelles sont vos prochains rendez-vous avec la mer?

Je pars plonger avec les orques au-delà du cercle polaire, en février,  avec Odisea. Puis au printemps, pour filmer des cachalots dans l’océan Indien.

Gaëlle Richard