Charly Henno assis sur la plage à côté de sa caméra montée sur trépied, pendant une session de coaching
Charly Henno et sa caméra : chaque session est filmée depuis le bord. Photo : Surfing-Perfect.

Glisse • 7 octobre 2026

Charly Henno, l’homme qui regarde les autres surfer (et qui les fait progresser)

Charly Henno assis sur la plage à côté de sa caméra montée sur trépied, pendant une session de coaching
Charly Henno et sa caméra : chaque session est filmée depuis le bord. Photo : Surfing-Perfect.

« Vous surfez depuis dix ans. Et vous surfez comme il y a dix ans. »

C’est le genre de phrase qui vexe. C’est aussi, souvent, la vérité.

Passé l’apprentissage, le surfeur moyen se débrouille : il rame, il se lève, il descend la vague. Et il s’arrête là. Non par manque de temps dans l’eau, mais parce que personne ne lui a jamais montré ce qu’il faisait, vu de l’extérieur.

C’est exactement le trou que Charly Henno a décidé de combler, à Lacanau, il y a dix-sept ans.

Trente ans d’eau salée et un détour par le haut niveau

Le parcours ne doit rien au hasard. Après son monitorat du premier degré du brevet d’État d’éducateur sportif, Charly Henno passe huit ans comme responsable sportif du Lacanau Surf Club, de 1999 à 2007. C’est là qu’il bascule du cours collectif vers l’entraînement, en décrochant le diplôme du deuxième degré.

Les résultats du team canaulais lui valent en 2008 un poste d’assistant coach du team Rip Curl, aux côtés de Gilles Darqué. Une saison passée à côtoyer des surfeurs qui, pour certains, deviendront les visages du surf français.

Il enchaîne ensuite une année comme reporter météo à temps plein chez Océan Surf Report. Détail en apparence anecdotique, et en réalité décisif : c’est ce passage qui affûte sa lecture des prévisions, des marées et des fenêtres de houle.

En 2009, il crée Surfing-Perfect : la première école canaulaise dédiée exclusivement aux surfeurs autonomes. Pas de baptême, pas de mousse, pas de colonie. Des gens qui surfent déjà, et qui veulent surfer mieux.

Charly Henno, casquette rouge, désigne un point à l'horizon en expliquant la lecture du spot
Lire le spot avant d’entrer dans l’eau : le cœur de la méthode. Photo : Surfing-Perfect.

Sa vision : le surf est un sport, pas une activité de vacances

C’est là que son approche détonne, dans une station où le surf se vend d’abord comme une expérience estivale.

Pour lui, une session se prépare, s’observe et se débriefe, exactement comme un entraînement dans n’importe quelle autre discipline. Le vocabulaire le dit : placement, timing, lecture du pic, qualité du geste. Sur son site, il se définit comme « stratégiste en surf », formule qui résume l’essentiel : la performance commence avant la vague, dans le choix du moment et de l’endroit.

Cette philosophie s’adresse à trois publics qui se croisent rarement ailleurs : celui qui plafonne et veut débloquer un niveau, celui qui prépare des compétitions, et celui qui veut simplement comprendre ce que l’océan lui raconte.

Caméra, radioguidage, débrief : la méthode

La méthode est concrète, presque clinique. Le coach observe, filme, analyse le positionnement, et guide à la voix depuis le bord quand c’est utile.

Le principe est imparable : une session vécue de l’intérieur ment toujours un peu. On croit avoir pris un virage franc là où la vidéo montre un appui mou et un regard baissé. C’est désagréable la première fois. C’est aussi le raccourci le plus court vers le progrès.

Trois formules structurent l’offre : entraînements collectifs, entraînements individuels, entraînements compétition. Avec, dans tous les cas, des séances étalées sur toute l’année — y compris en plein hiver, quand l’eau descend sous les treize degrés et que les plages sont vides. À Lacanau, c’est précisément là que tombent les meilleures conditions.

Charly Henno parle dans un émetteur radio depuis la plage pour guider un surfeur à l'eau
Le radioguidage : des consignes transmises au surfeur pendant la session. Photo : Surfing-Perfect.

On va à l’eau quand c’est bon, pas quand c’est écrit sur le planning

C’est peut-être le point le plus intéressant, et le plus inconfortable commercialement.

Les sessions ont lieu toute l’année, mais uniquement quand les conditions le justifient et correspondent au niveau du groupe. Autrement dit : on ne met pas douze personnes à l’eau dans un clapot ingérable au prétexte que la réservation était prise. On décale.

Pour un surfeur, c’est le luxe absolu. Pour une entreprise, c’est un choix assumé : accepter de dire non quand la mer ne suit pas, plutôt que de vendre une mauvaise session.

Un groupe de surfeurs assis sur leurs planches au line-up pendant un entraînement collectif à Lacanau
Entraînement collectif au line-up, à Lacanau. Photo : Surfing-Perfect.

Ce qu’il faut savoir avant de réserver

Le public visé est autonome : savoir ramer, se placer, gérer un courant. Le matériel n’est pas fourni, il faut sa planche et sa combinaison. Les séances se déroulent à la plage sud de Lacanau-Océan, sur réservation.

Si vous n’en êtes pas encore là, commencez par choisir un spot adapté à votre niveau, puis par apprendre à lire la forme d’une vague. Le reste viendra.

Charly Henno, en combinaison, oriente une surfeuse du bras vers un point précis de la plage avant la mise à l'eau
Briefing avant la mise à l’eau : où se placer, et pourquoi. Photo : Surfing-Perfect.

En résumé

Ce que propose Charly Henno n’est pas un cours de surf. C’est un entraînement, avec un œil extérieur, une caméra, et quelqu’un qui connaît le banc de sable devant chez lui depuis trente ans.

C’est moins vendeur qu’un stage tout compris. C’est nettement plus efficace.

Infos pratiques

Surfing-Perfect — Lacanau-Océan, plage sud. Entraînements collectifs, individuels et compétition, toute l’année, sur réservation. surfing-perfect.com