13 heures, mardi - Aude Ferbos: "Le Morgenster nous dépasse" / Photo A. F.

Nautisme 6 juin 2018

Tall Ships Regatta. La course commence (pour les journalistes aussi!)

[LA TALL SHIP DES CONSOEURS #2]

Les bateaux de la Tall Ships Regatta débutent la course en ce début d'après-midi.

Deuxième  jour de course. Les six vieux gréements de la Tall Ships Regatta prennent le départ de la course vers 14 heures. Ils vont naviguer durant une semaine, doubler la pointe sud-ouest de l’Angleterre, couper le rail d’Ouessant, puis, cap au 140° vers l’entrée de la Gironde.

Le De Gallant par mer d’huile la veille du départ de la course / Photo A. F.

Deux journalistes du Groupe Sud Ouest se trouvent à bord de deux bateaux de la Tall Ships Regatta pour l’étape Dublin-Bordeaux. Aude Ferbos se trouve à bord du De Gallant, Marjorie Michel sur le Morgenster. Entre elles, c’est la course dans la course. Le principe est on ne peut plus simple: la première arrivée a gagné! Point d’atterrissage: la bouée BXA d’entrée du chenal de l’estuaire de la Gironde. Mer et Océan sera l’arbitre!

Marjorie Michel

Marjorie Michel, à bord du Morgenster: « Il est 7heures ce mercredi. Le pont est désert, je profite des rayons du soleil, il fait encore un temps superbe. La Belle Poule et l’Arawak ont mouillé près de nous. Ce matin la mer est glassy, pas un brin de vent. Pourtant c’est une région venteuse, des éoliennes parsèment le paysage. Vers 8 heures tout le monde va se lever. Ceux qui dorment dans le salon, salle à manger sur les banquettes ou les hamacs vont devoir faire place nette pour l’installation du petit déjeuner. Tout le monde participe pour garnir les tables, les débarrasser, faire la vaisselle, l’essuyer, la ranger. On peut aussi aider Isabelle, la cuisinière sévillanne à préparer à manger, tout ça dans une mini pièce la musique à fond. L’équipage pro est jeune majoritairement féminin et très joyeux. Ce matin nous allons préparer le bateau pour le départ de la course. Les stagiaires gabiers, c’est a dire nous vont monter dans la mâture avec les pros pour desserrer les voiles tels de petits écureuils. Certains sont déjà très à l’aise. Naviguer à bord de ces vieux gréements garantit l’immersion dans la vie de marin, toutes les tâches doivent être effectuées comme eux dans le respect de la discipline, la rigueur et l’organisation. Petite parenthèse sur l’ancre: elle pèse 550 kilos et doit être magnée avec prudence. Un système de poulie permet de la soulever à l’aide d’un cabestan qui multiplie la force sans cette aide il faudrait une vingtaine de personnes. Alors que là le bout qui relie le sommet de l’ancre est entouré au cabestan, des bras en bois sont installés ce qui permet à 6 ou 8 personnes de tourner le tout pour faire lever le mastodonte. Ensuite l’ancre est descendue doucement le long de la coque suffisamment loin pour ne pas la rayer. Et ensuite son poids et celui des 70 mètres de chaîne qui la relie au bateau permet de stabiliser le tout.

Il est 14 heures, on vient de passer la ligne dans l’ordre la Belle Poule, Morgenster, Arawak, De Gallant, Belem et Atyla. On est en train de prendre la tête. On est à 5, 20 noeuds

 »

Arawak vu depuis le Morgenster sous grand soleil irlandais / Photo M. M.

Aude Ferbos

Aude Ferbos, à bord du De Gallant: « Ce matin départ sous voile pour la régate. La Belle Poule est partie. Le Morgenster se trouve à côté et le bordelais Arawak attend son tour de départ depuis son mouillage tout près de nous. Grand soleil et pétole… Pendant que partie du quart hisse les voiles, Stéphane, Tanguy et Vincent cuisinent :du pain aux herbes, une quiche maison qui parfume le bord. Et on a terminé le ménage et le nettoyage du bord et pontons! » A 13 heures, elle précise: « Le Morgenster nous dépasse (mais bon, ils ont mis un petit coup de moteur…). »

Aude Ferbos narre également ses aventures dans les colonnes de Sud Ouest.