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Shell veut abandonner ses saletés en Mer du Nord // Photo via Pixabay

Environnement 17 septembre 2019

Shell, la compagnie pétrolière, veut abandonner ses déchets en Mer du Nord

Le gouvernement britannique va devoir trancher sur la question : autoriser ou non la compagnie pétrolière Shell à déverser une partie des fondations de ses trois plates-formes pétrolières en fin de vie au fond de l’eau ? D’ores-et-déjà, plusieurs pays s’y opposent, ainsi que la Commission européenne.

Pourquoi la Grande-Bretagne hésite sur la question ? Cette manœuvre est-elle en principe autorisée ? Quels seraient les impacts sur l’environnement si l’accord était donné ?

L’alerte donnée par plusieurs pays européens

La Commission européenne et 5 pays riverains de la Mer du Nord s’inquiètent de la possible décision favorable du gouvernement britannique, qui ne s’est pas encore opposé à cette demande. Ainsi, la Belgique, l’Allemagne, la Suède, les Pays-Bas et le Luxembourg se sont inquiétés de cette information au cœur de l’OSPAR, la convention internationale de protection de l’Atlantique Nord-Est et de la Mer du Nord.

La Commission européenne a enchaîné par la suite au travers d’une lettre adressée à Theresa Villiers, ministre britannique de l’environnement. En effet, elle craint que de tels éléments soient des déchets dangereux interdits par la législation européenne.

En réponse, le groupe Shell invoque un démontage total impossible, et des coûts de démantèlement trop élevés. Et le gouvernement britannique semble lui emboîter le pas…

Des risques pour l’environnement

En effet, il rétorque à la Commission européenne que la technique dudit démantèlement partiel « minimise les risques sur l’environnement ». Ce que contredit formellement un rapport du gouvernement allemand, mettant en lumière des moyens incomplets et imparfaits, voire « grotesques ».

Le même rapport évoque 11 000 tonnes d’hydrocarbures et de produits toxiques enfermés dans les bases de béton des plates-formes. Les effets dévastateurs de ces déchets sur l’environnement aquatique par engluement et/ou toxicité ne sont plus à prouver sur la faune et la flore. Sans oublier les pêches et la mariculture, et toutes les autres activités humaines tournant autour de la mer en général.

Le 18 octobre prochain, à Londres, aura lieu une réunion spéciale de l’OSPAR, à laquelle participera le gouvernement français, qui ne s’est pas encore beaucoup exprimé sur le sujet. Il s’agira d’étudier si des dérogations sont possibles ou si l’on doit contraindre le Royaume-Uni à appliquer plus strictement le règlement de ne rien laisser en mer.

Ed.W