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Environnement 5 juillet 2019

Qu’en est-il des médicaments rejetés en mer ?

Les stations d'épuration sont aujourd'hui incapables de traiter en totalité ces médicaments, qui se retrouvent dans les fleuves, mers et océans, mais également dans l'eau du robinet.

Parmi le nombre grandissant des sources de pollution présentes dans les mers et océans, une en particulier a retenu l’attention du Conseil Scientifique des Iles de Lérins (CSIL) : la pollution due au rejet de médicaments dans les espaces maritimes

Une pollution chimique aux effets encore très peu connus

Les résidus de médicaments présents en pleine mer peuvent provenir de deux sources distinctes : le rejet des substances chimiques par les urines, ainsi que le manque d’actions de recyclage appropriées des plaquettes de médicaments. Ainsi, l’étude menée par le Conseil Scientifique des Iles de Lérins a mis en lumière la présence d’antibiotiques, d’antiépileptique ainsi que d’anti-inflammatoires dans les organismes de nombreux poissons et crustacés. Les scientifiques redoutent à l’heure actuelle les effets potentiels qu’aurait cet effet « cocktail » sur l’ensemble de la faune et de la flore maritime.

D’autres études distinctes ont également mis en relief l’apparition d’une féminisation de certaines espèces de poissons au sein des océans, dû au rejet d’œstrogènes dans ces milieux marins. Cette pollution est directement issue de l’urine des femmes utilisant des moyens contraceptifs contenant des hormones.

Comment sont traités les résidus de médicaments au sein des stations d’épuration ?

L’Europe a expressément exprimé, via la loi-cadre sur l’eau, de supprimer définitivement l’ensemble de ces polluants chimiques d’ici l’horizon 2027. Pourtant, à l’heure actuelle, les stations d’épuration de la métropole se révèlent être incapables de traiter en totalité ces résidus médicamenteux, qui se retrouvent ainsi dans les fleuves, mers et océans, mais également dans l’eau du robinet.

La solution pourrait alors se trouver ailleurs : il s’agirait, selon certains pharmaciens et médecin, de limiter la prescription des médicaments contenant les plus hauts taux de molécules toxiques pour l’environnement. Deux chercheurs et ingénieurs de l’université de Toulouse ont également déposé un brevet concernant leur invention : le xénolyse, un processus de décontamination des eaux usées, validé par le CNRS.

Affaire à suivre !

Ed.W