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Environnement 21 octobre 2021

Pourrons-nous toujours nous baigner dans la mer en 2050 ?

L’augmentation dramatique des déchets plastiques et la dégradation de la qualité des eaux résultant exclusivement d’activités humaines mettraient-elles en danger l’activité préférée des français en été, à savoir la baignade ?

La multiplication des déchets plastiques

Si le 7ème continent n’en finit pas d’impressionner avec sa superficie équivalant à 3 fois la France, le phénomène continue à se développer. Des études prévoient pour 2050, une augmentation du poids des déchets qui pourrait être supérieur à celui des poissons. La production de plastique est passée de 15 à 311 millions de 1964 à 2014 et même si la France a interdit depuis le 1er janvier, l’utilisation de sacs plastiques, cette catégorie de pollution a encore de beaux jours devant elle.

Le fait que sur les plages, 75 % des déchets soient plastiques, l’illustre parfaitement.

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Une thématique qui y est rattachée est celle des micro plastiques qu’on retrouve un peu partout y compris dans les différentes espèces marines et bien sûr dans l’eau où on se baigne.

La pollution chimique

Malheureusement, elle n’est pas prise en compte dans l’évaluation de la qualité de l’eau de baignade. Il s’agit de la pollution qui résulte d’activités domestiques, industrielles, agricoles mais également médicales. Elle contamine lacs, rivières et fleuves qui se jettent ultérieurement dans l’océan. Parfois, elle touche directement les eaux océaniques comme c’est le cas des hydrocarbures déversés dans la mer.

Ces pollutions chimiques si elles résultent exclusivement de l’activité humaine et de notre mode de vie, devraient néanmoins, être évaluées. La fondation Surfrider demande l’application de nouveaux paramètres qui dépassent l’analyse purement bactérienne, et ce, afin de donner une estimation plus complète de la qualité de l’eau. Une initiative de 6 mois où des micro capteurs prélèveront différents échantillons, a débuté pour faire des relevés de la pollution chimique : microparticules provenant d’hydrocarbure, éléments provenant de cosmétiques ou médicaments… Ce projet va être étendu à d’autres sites européens.

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La prolifération d’algues

Le réchauffement climatique a entraîné une dangereuse augmentation d’algues dont certaines étaient déjà le résultat d’activités anthropiques. Des scientifiques ont observé que les eaux qui restent plus froides, en l’occurrence des lacs, sont plus résilients face à l’augmentation d’algues invasives.

Cela concerne les rivières, fleuves et lacs (une augmentation de 2/3 dans certains d’entre eux) mais surtout les océans. Les algues lors de leur efflorescence peuvent être très toxiques à la fois pour les poissons et autres espèces marines ou non qui s’en nourrissent mais aussi pour l’être humain.

La situation en France

Même si la France applique la directive européenne en matière de qualité des eaux de baignade, elle reste bien en dessous des autres pays de l’UE en matière « d’excellence » des eaux.

Les plages bretonnes sont déjà envahies par les marées d’algues vertes. La Méditerranée paie le prix pour être le passage de nombreux navires. En effet, la pollution par hydrocarbure (10 gramme par litre selon Oceana) est en augmentation qu’il s’agisse de naufrages ou d’actions illicites de déversements.

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Dangers pour la santé

Au-delà de la sonnette d’alarme tirée par les spécialistes de l’environnement, les risques pour la santé sont également en augmentation. Les mycoses, otites et gastroentérites sont parmi les pathologies les plus courantes. Baignade va de paire très souvent avec la tête immergée et là, le risque augmente encore.

Enfin, si on peut légitimement se demander si on pourra encore se baigner en 2050, un corollaire est l’existence des plages. En effet, le réchauffement du climat qui a entraîné une montée des eaux a déjà fait disparaître certaines îles. Des pans de côte ont été grignotés par la mer et donc qu’adviendra-t-il de nombreuses plages ?

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