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Faune & Flore 18 juillet 2022

Pourquoi la chasse aux phoques est-elle encore pratiquée au Canada ?

Aujourd’hui jugée aussi désuète que barbare, la chasse aux phoques continue pourtant d’être massivement pratiquée dans le nord du Canada. En 2021, ce sont plusieurs centaines de chasseurs qui sont partis Hakapiks et carabines au poing pour se partager un quota annuel de 400 000 phoques du Groenland. Avec une demande chaque année en baisse et une polémique grandissante, qu’est ce qui pousse aujourd’hui le Canada à perpétuer cette pratique archaïque ?

Une activité économique sur fond de traditions locales

Le gouvernement canadien semble se refuser catégoriquement à dénoncer ou à réduire les quotas de chasse aux phoques. L’un des premiers arguments employés reste celui de la manne économique conséquente que représente cette activité et dont dépendent de nombreuses communautés. En effet, même si les bénéfices issus de ce commerce sont en baisse, la vente de peaux et de viande de phoque rapporte toujours chaque année plusieurs millions d’euros.

Les défenseurs de la pratique de la chasse aux phoques évoquent également l’importance pour les populations côtières de maintenir une pratique rituelle issue de traditions locales. Le Hakapik, une sorte de massue en bois, est d’ailleurs aujourd’hui encore beaucoup utilisé comme arme de chasse, héritage d’un usage ancré dans d’ancestrales coutumes.

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La préservation des ressources liées à la pêche

La région du Groenland située au nord-est de l’atlantique compte une population de plus de 7,4 millions de phoques. Les pêcheurs du nord du Canada affirment que ces mammifères sont en grande partie responsables de la raréfaction des morues dans les eaux arctiques et que leur chasse sert à renouveler les bancs de poissons.

Cet argument ne fait cependant pas l’unanimité et le consensus scientifique s’accorde à dénoncer une industrialisation massive et incontrôlée de la pêche qui serait à l’origine de la décroissance du nombre de spécimens de cette espèce. D’autre part, il est important de préciser que la morue ne représente qu’une infime partie du régime alimentaire des phoques, ce qui contredit la version des défenseurs de la chasse aux phoques.

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