La République des Seychelles montre la voie dans le financement de l'économie bleue / Photo Pixabay CC0

Économie 4 décembre 2018

Les Seychelles émettent le premier emprunt bleu au monde

Soutenu par la Banque Mondiale, le pays émet une obligation qui a déjà permis de lever 15 millions de dollars

Le marché de la finance des océans s’éveille. L’économie bleue passe la vitesse supérieure. Dans ce cadre, la République des Seychelles est pionnière. Elle est le premier pays au monde à émettre un emprunt bleu pour financer des projets marins et halieutiques durables.

Leur image de destination idyllique jouera fortement dans l’exemplarité de la formule.

La Banque mondiale en pilier

La République des Seychelles vient donc de lancer la première obligation bleue souveraine au monde. Ce titre de créance représente un instrument financier novateur . Ainsi, le pays aux 115 îles bénéficiera de fonds pour étendre ses aires marines protégées et à améliorer la gouvernance de ses pêcheries.

La Banque mondiale a structuré l’obligation. Par le passé, elle s’est déjà engagée en faveur de financement de l‘économie de protection de l’eau. En l’occurrence, la Banque mondiale apporte une garantie partielle de 5 millions d’euros. Elle est suivie par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) qui octroie, lui, un prêt de 5 millions pour subventionner le paiement des intérêts. Ce mécanisme réduit les risques pris par les investisseurs.

Le secteur privé s’engage

« Les menaces auxquelles sont confrontés les océans sont trop importantes pour laisser les Etats s’en occuper seuls. Le secteur privé – dans le cas présent, les investisseurs à «impact» -, peut jouer un rôle crucial dans le développement et la protection des ressources maritimes», a commenté la responsable de l’Environnement et des Ressources Naturelles de la Banque Mondiale.

Jenn Pryce, directrice générale de Calvert Impact Capital, est formelle. « Cette obligation bleue démontre que les marchés financiers peuvent appliquer à grande échelle des solutions pour préserver durablement les océans en conciliant parfaitement protection des espaces marins et opportunité économique » affirme-t-elle.

Peut-être que l’initiative des Seychelles servira d’impulsion à d‘autres projets de financement de la protection marine.

Gaëlle Richard