Le célèbre corsaire Barberousse // Photo libre de droit via WikiCommons

Insolite 27 avril 2020

Le saviez-vous ? Barberousse

Corsaire redoutable du 16eme siècle qui terrorisait la mer Méditerranée, Barberousse a construit sa propre légende.

Barberousse est une légende reconnue… Mais le saviez-vous ? 



1. Hayreddin Barbaros de son vrai nom 

Le futur Barberousse, a vu le jour sur l’île grec de Lesbos. Son père, a renié sa religion chrétienne pour s’enrôler dans l’armée ottomane.

Son frère aîné, Oruç, fut le premier à prendre le premier à prendre la mer en quête d’aventure. Oruç, eu quelques mésaventures, fut capturé en tant qu’esclave sur une galère et s’échappa deux ans plus tard. 

Les deux frères se retrouvèrent et s’installèrent sur l’île de Djerba, au large de la Tunisie. 

L’île connu pour être un repaire de pirates, les deux frères rallièrent rapidement leur rangs. 

Khayr ad-Din Barberousse, image via Wikipédia

Les frères Barbaros se découvrirent un talent pour la piraterie. Au début du 16eme siècle, il amassèrent un butin colossal grâce aux attaques qu’ils menèrent contre les navires chrétiens, en particulier espagnol. 

Avec un vrai talent pour la piraterie, les deux frères attirèrent l’attention de l’émir d’Alger, pour lequel ils joignirent leurs forces. 

À la tête, d’une douzaine de navires, ils lancèrent de multiples attaques contre les bastions espagnol de l’Afrique du Nord.



2. La perte de son frère

La soif de pouvoir poussa Oruç à rêver d’être plus qu’un simple corsaire. Désireux de vouloir régner sur son propre royaume, il était prêt à tout pour arriver à ses fins. En 1516, l’émir d’Alger fait appel à Oruç pour expulser les soldats espagnols installés sur l’île-forteresse de Peñon d’Alger. 

Le sort, joua en la faveur d’Oruç lorsque l’émir mourut noyé dans son bain quotidien. Il prit alors le contrôle de la ville d’Alger et se proclama sultan pour le plus grand plaisir de son frère et de leurs sympathisants. 

Dans sa course au pouvoir, Oruç s’empara des villes algériennes de Ténès et Tlemcen, lui permettant ainsi de régner sur le puissant royaume dont il rêvait tant. Grâce à cette puissance, il était donc en capacité de se dresser contre l’autorité du roi espagnol Charles V.

La couronne espagnol n’attendit pas pour riposter. En 1518, une flotte espagnol quitte le port d’Oran direction Tlemcen où les soldats mirent la ville à sac à leur arrivée. 

Oruç, contraint de fuir, se réfugia dans une chèvrerie où il fut découvert et décapité par un soldat espagnol.



3. L’ascension de Barberousse 

À la suite de la mort de son frère, Barberousse récupéra la place d’Oruç à Alger où il mit à profit ses compétences de politicien en demandant de l’aide à Soliman le Magnifique, sultan musulman de l’Empire Ottoman, pour faire face au regain d’autorité de l’Espagne. Soliman, dont les pouvoirs se concentraient à Constantinople, actuelle ville d’Istanbul, mit à disposition une partie des corps d’élite de l’armée ottomane. En échange, Alger devint un nouveau « district » ottoman. Grâce à cette accord, Barberousse put poursuivre ses activités de pirate, et ainsi conquérir de nouvelles places fortes. 

Barberousse commençait à se faire un nom, connu et reconnu dans le monde musulman, en particulier pour ses combats qui relevaient autant de piraterie que de politique. 

Bataille de Tunis, image via Wikipédia

Lorsque que l’amiral Andrea Doria afflua sur les ports de Grèce ottomane, suite aux ordres de Charles V, Soliman sollicita Barberousse pur l’aider à faire face à l’invasion ennemi. 

L’objectif de Barberousse étant de flatter et impressionner le sultan, il chargea ses navires de luxueux biens et de plus de 200 femmes réduites à l’esclavage pour le harem d’Istanbul de Soliman. Ce dernier, le nomma amiral en chef de la flotte ottoman en retour. 

Ce grade permit à Barberousse d’être à la tête de plus de cent galères et galiotes – ou demi-galères. Ainsi, il lança de nombreuses campagne navale en Méditerranée, grâce auxquelles il récupéra les ports grecs et s’attaqua aux côtes italiennes où il sema le chaos partout où il passera. 

Toutes ces conquêtes n’avaient pour seule but de dissimuler l’objectif réel de Barberousse : la ville de Tunis. En 1534, la stratégie mise en place se concrétisa par la conquête par surprise du port de Tunis.



4. La guerre avec Charles V

Pas le temps pour Barberousse de savourer sa victoire, l’année suivant la conquête de Tunis, Charles V lança une expédition militaire pour reprendre la ville des mains du célèbre corsaire. Apres une semaine de siège ponctuée de féroces affrontements, les espagnols triomphèrent. Nullement intimidé, Barberousse prépara depuis Alger sa revanche. 

Cap sur la Méditerranée pour la flotte de Barberousse. À l’approche de l’île de Minorque, ses navires hissèrent des pavillons espagnols volés lors d’une précédente bataille. Une ruse qui leur permit d’entrer dans le port sans éveiller les soupçons. Après avoir, dans un premier temps promis aux soldats espagnols ayant rendu leurs armes d’épargner leurs vies, il décidera finalement d’utiliser la violence, de piller la ville et d’emporter avec lui des centaines d’esclaves. 

Les années qui suivirent, furent faste pour Barberousse, à la tête de plus de 150 navires. Il accumula les raids le long du littoral chrétien de la mer Méditerranée. 

Portrait moderne, image via Wikipédia

En 1538, il parvint à repousser la puissante flotte de Andrea Doria alors qu’il était pris au piège dans le port ottoman de Préveza. 

En 1541, de retour à Alger il déjoua la grande invasion menée par Charles V lui même. 

La France et l’Empire Ottoman formèrent une alliance, unis par leur rivalité commune contre le royaume d’Espagne de Charles V. Barberousse mit le cap sur les ports français de Marseille et Toulon où il fut accueilli en héros. 



5. Le mythe, le héros 

En 1945, Barberousse tira sa révérence et se retira à Istanbul où il passa ses dernières années à dicter ses mémoires. Il s’éteint le 4 juillet 1546 et fut inumé à Istanbul dans un mausolée érigé par l’illustre Mimar Sinan

Aujourd’hui, il est toujours possible d’aller voir le mausolée de Barberousse situé dans l’actuel quartier de Besiktas, sur la rive européenne du Bosphore. 

Durant de longues années, aucun navire turc ne quitta le port d’Istanbul sans saluer la tombe du corsaire le plus craint du pays donc l’inscription funéraire indique « Ci-gît le conquérant d’Alger et de Tunis, fidèle musulman soldat d’Allah, Capitan Khair-ed-Deen [Barberousse], puisse Allah lui accorder sa protection. »

Lucie Dauchez