Le Musée de la Mer et de la Marine vu de derrière les bassins à flot / Image Cabinet Borchet-Lajus-Pueyo

Patrimoine 3 avril 2018

Le Musée Mer et Marine hisse les voiles le 15 juin

Le Musée Mer et Marine ouvre avec 41 tableaux de Monet pour Bordeaux fête le Vin et la Tall Ship Regatta

Elément structurant d’un Bordeaux en pleine évolution, le Musée Mer Marine s’élève sur les bassins à flot et ouvre le 15 juin avec le lancement de l’exposition Monet, « Monet, chefs d’œuvre du Musée Marmottan Monet ». Cette première exposition(1) compte 57 pièces dont 41 tableaux du peintre impressionniste prêtés par le musée parisien ainsi que treize dessins et des objets lui ayant appartenu.
D’une surface de 10.000 m², le musée, initiative totalement privée, comprend un parcours permanent, des expositions temporaires mais pourra également recevoir des conférences, des projections, des débats, un espace de travail. Son propriétaire, Norbert Fradin, a pensé sa conception comme un lieu de rencontre des savoirs et des envies. Envie de comprendre, de découvrir, de s’émouvoir.

« Le Musée Mer Marine concrétise la convergence entre le scientifique qui sait et l’homme de la rue qui veut savoir » résume Norbert Fradin.

Le tout dans un écrin d’architecture dont le but final est d’agir pour la préservation des océans.

Le bâtiment, première des oeuvres

L’art est un des éléments majeurs du Musée de la Mer et de la Marine de Bordeaux, non seulement dans sa capacité à accueillir des œuvres mais aussi parce qu’il en est un élément structurel. Le premier pilier du musée est le bâtiment lui-même, élaboré par l’architecte bordelais, Olivier Brochet ayant déjà apporté sa touche aux Musée de l’Homme à Paris, Musée de l’Orangerie, Musée Fabre à Montpellier.

Le béton nu restera un élément fondamental de l’identité du musée, ici lors d’une visite de chantier début mars 2018 avec Norbert Fradin et Patrick de Carolis / Photo G. R.

Sur sept niveaux et 45m de haut, le navire se construit autour de l’horizontalité (sa base large) et de la verticalité (sa hauteur) qui permettent de concrétiser , à l’intérieur, le parcours muséal élaboré sur les mêmes principes, le croisement de la chronologie avec  la thématique. Afin de permettre une déambulation libre du visiteur, l’intérieur, en béton brut, ne s’encombre pas de mur porteur et fait la part belle aux larges espaces ouverts sur l’extérieur. Outre le parcours en lui-même, un auditorium de 350 places pourra accueillir des congrès, des projections de films. Un espace de réception de 450m² avec terrasse privative sera proposé à la location pour des événements. Des jardins suspendus, accessibles au public en extérieur, ceinturent le bâtiment en colimaçon sur un plan incliné de 3.000 m². Un espace de restauration sur le pouce et de qualité sera géré par le chef du Prince Noir, Vivien Durand, en attendant la mise en place d’un restaurant gastronomique.

Le parcours, libre et jonché de surprises

La vie du musée se déroulera selon deux axes : l’exposition permanente, véritable identité du lieu, et les expositions temporaires, garante de son image et du message à faire passer.
L’exposition permanente a été conçue, à partir de l’idée originelle de Norbert Fradin, durant trois ans par un comité scientifique réunissant des spécialistes, chercheurs, experts, personnalités du monde de la mer et de la marine, de l’histoire et du monde muséal. On entre dans l’histoire de la navigation par une pirogue du Néolithique puis on traverse les époques : Egypte et Grèce anciennes, les grandes découvertes (Christophe Colomb), les grandes routes commerciales du XVIIe siècle et les colonies, les Temps modernes (arrivée de la vapeur, bains de mer, premiers sous-marins) et enfin, les grandes explorations océanographiques. Ce dernier chapitre aborde la mer sous deux angles : celui, au travers d’images inédites, de la découverte d’un monde mystérieux et celui de la recherche par le biais de la navigation scientifique. Toujours dans un souci de sensibilisation par l’ancrage émotionnel, le but est de rendre accessible au grand public les résultats de recherches (CNRS, Ifremer…) au moyen de modélisations qui permettent aux visiteurs de s’approprier ces conclusions. Cette colonne vertébrale du musée a été mise en place grâce aux partenariats dont les concepteurs se sont entourés comme les universités de Bordeaux ou de La Rochelle (d’autres partenariats sont en cours de validation).
Hors les murs, le MMM établira une antenne dans la Citadelle de Blaye, classée au Patrimoine mondial de l’Unesco, pour y établir une exposition sur l’histoire et la vie naturelle de l’estuaire. Des bateaux, propriétés de Norbert Fradin, navigueront également sur la Garonne et la Gironde, comme le China Team, le Class America, ancien Défi français.

La globalité du musée sera ouverte au public fin 2019. D’ici là, un « preview » donnera au visiteur un avant-goût du futur parcours permanent.

1-Renseignements auprès du Musée Mer Marine de Bordeaux sur son site dédié (ici).