Déchets électroniques / Image libre de droits

Dossier 16 mars 2019

Le drame et l’opportunité des déchets électroniques

En 2016, près de 45 tonnes de déchets électroniques ont été rejetés, selon l’Université des Nations Unies, soit 4500 Tour Eiffel, et ce mouvement est en augmentation constante. Selon l’Union internationale des communications, cette masse devrait croître de 17% jusqu’en 2021.

Pourquoi sont-ils aussi nombreux ? C’est que la hausse du pouvoir d’achat et la baisse du prix des différents appareils pousse à les racheter plutôt qu’à les conserver longtemps. De même, ces appareils connectés rentrent très vite en obsolescence, du fait du progrès technologique extrêmement rapide. Pourtant, en 2017, seul un déchet sur 5 était recyclé : ce chiffre est alarmant.

Les déchets électroniques, un drame écologique

Téléphones, ordinateurs, écrans plats, mais aussi frigidaires ou appareils embarqués : tous ces déchets électroniques polluent. Leur incinération, appliquée pour limiter le volume de déchets, libère gaz à effets de serres et substances toxiques. Ces substances peuvent contaminer l’air, les sols et l’eau. Une étude menée par Andrew Turner dans la revue scientifique Environment International souligne ainsi la haute toxicité du plastique noir, utilisé dans les appareils électroniques, qui contient des produits comme du brome, du plomb, du mercure, du chrome…
La France a cependant appliqué dès 2006 des normes de recyclage et de dépollution des éléments électroniques, en particulier des métaux rares et substances toxiques. Ce système de traitement des déchets est financé par une écotaxe sur l’achat de ces appareils. La directive européenne du 8 juin 2011 a renforcé la réglementation en vigueur. Mais les décharges électroniques à l’air libre des pays en voie de développement sont des sources de pollution des eaux, et donc des mers et océans.

Le recyclage des déchets électroniques est créateur de richesse

Recycler des déchets électroniques n’est pas une chose aisée. Ainsi, plusieurs entreprises et chercheurs s’appliquent à trouver des procédés pour isoler les métaux précieux contenus dans les déchets électroniques. C’est par exemple le cas dans cette méthode développée par des chercheurs du CNRS en 2016, qui utilise de l’eau chauffée à 500°C.

 

 

Pourtant, le recyclage des déchets électroniques est une source de richesse très forte, notamment dans les pays du Sud, car les métaux rares qu’ils contiennent valent très cher. Les filières de recyclage sont très bien développées en Chine ou au Japon, mais très peu en Europe. Structurer la filière du recyclage des déchets électroniques semble donc aujourd’hui nécessaire.

Ed.W