A l'image de Lalou Roucayrol sur sur trimaran Arkema, de nombreux skippers se sont mis à l'abri de la dépression / Photo Team Arkeam Lalou Mukti via Facebook

Sport 8 novembre 2018

La dépression sur la Route du Rhum est « classique » mais « musclée »

L'ingénieur de Météo France, Gaétan Heymes, décortique, pour Mer&Océan, l'impact de "Beatriz", la dépression qui touche les skippers de la Route du Rhum

La tempête qui sévit sur les skippers de la Route du Rhum en a contraint plus d’un à trouver refuge. Le règlement l’autorise. Alors, on se dit que, fichtre, elle doit s’annoncer bien féroce. Que nenni. Elle est juste normale. « Classique ».

L’oeil de l’ingénieur météo

Gaëtan Heymes, ingénieur au sein de Météo France, est formel. Beatriz, c’est le nom de la dépression, est « classique » mais « musclée ». D’ailleurs, elle n’est pas une tempête mais un coup de vent. On en parle beaucoup simplement parce qu’elle risque de mettre au tapis 123 skippers et des bateaux, pépites de technologie, qui coûtent une dizaine de millions d’euros à la construction.

Beatriz est de force 8

Gaëtan Heymes, ingénieur Météo France: « La dépression qui s’approche des concurrents de la Route du Rhum est d’ampleur tout à fait classique pour la période sur l’Atlantique Nord. Elle a été baptisée « Beatriz » par l’AEMET, service météorologique espagnol. Elle s’accompagne de rafales de vent atteignant 100 km/h. Il s’agit d’un « coup de vent » au niveau 8 sur l’échelle de Beaufort qui en compte 13 (de 0 à 12).
Un « coup de vent », ce sont des vents moyens sur 10 minutes entre 62 et 74 km/h (tempête = vents moyens 10 minutes atteignant 89 km/h). Le centre dépressionnaire se situe, comme souvent, entre Irlande et Islande vers 960hPa. C’est la dépression qui pilote les « fronts » à l’origine des variations de vent en force et direction en surface. »
« La mer est défoncée », Lalou Roucayrol

Pas de vrai « coup de tabac »

« Les conditions vont rester durablement très dépressionnaires (<980hPa) sur le nord de l’Atlantique Nord ce qui va engendrer un fort régime d’ouest persistant pour les prochains jours. Des conditions « musclées » surtout en raison de la houle pour les skippers mais sans réel coup de tabac. »

La dépression a cueilli les trimarans Ultime avant les autres bateaux / Image Route du Rhum

« La meilleure route pour eux, c’est d’aller chercher les alizés de nord-est qui soufflent à partir des côtes marocaines, tout en évitant de s’engluer dans l’anticyclone des Açores qui va rester plus au sud de son archipel. »
Y a plus qu’à…!
Gaëlle Richard