© Mathieu Desaphie

Lifestyle 28 avril 2020

Covid-19 : La ré-appropriation du littoral vue par Mathieu Desaphie

[Interview]

Mathieu Desaphie, créateur de la marque SEN NO SEN, a accepté de répondre à nos questions.

Dans la continuité de notre dossier spécial sur la ré-appropriation du littoral vue par les acteurs économiques locaux, découvrez l’interview de Mathieu Desaphie :

  • Bonjour, peux-tu te présenter rapidement, toi et ton activité ?

« Je m’appelle Mathieu Desaphie, j’ai 39 ans et je suis le créateur de la marque SEN NO SEN qui vient de fêter ses 20ans. » 

  • Où es-tu pour le confinement ?

« Je suis chez moi dans les Landes, en famille avec ma femme, mon fils de 5 ans et ma fille de 5 mois, confinés dans de bonnes conditions. Le plus dur c’est la frustration d’être à côté de l’Océan sans pouvoir y accéder. »

  • Que fais-tu pour compenser ? 

« Au début j’ai voulu faire du sport mais finalement je me suis vite lassé et ne pas avoir d’objectif lié au surf m’a vite découragé. Donc pas sport réellement. Cela dit, les journées passent vite entre les enfants, un peu de boulot pour gérer la crise et préparer l’après, et puis j’en profite pour lire plus que d’habitude. »  

Le shop SEN NO SEN, © Mathieu Desaphie
  • Comment se passe ton confinement ?  Comment a-t-il impacté ton quotidien ? 

« Ça se passe bien parce qu’on essaie de passer du temps de qualité avec les enfants, on essaie aussi de se laisser du temps « calme » pour chacun. La notion de « temps de qualité » prend toute son ampleur lorsqu’on vit confiné à plusieurs. J’avoue que ça commence à faire long surtout pour mon fils. »

  • Comment imagines-tu la sortie ? 

« Il me tarde tellement avec en ligne de mire me remettre à l’eau. Sachant que je me suis cassé le scaphoïde fin décembre et donc double peine, je suis déjà confiné depuis le 30 décembre. Ça fait très très très long ! Et puis refaire des choses simples du quotidien qui manquent cruellement. » 

  • Une fréquentation responsable des plages est-elle possible ?

« On n’a jamais connu une fréquentation responsable. Le tourisme de masse n’aura plus sa place pendant quelques temps et c’est certainement une bonne chose.  Ensuite il y a des questions qui se posent. Notamment sur les conditions de protection des sauveteurs, comment limiter le nombre de personnes dans les zones de bain ou sur les plages mais aussi le flux de personnes aux douches publiques, sur les parkings etc… J’aimerais compter sur la responsabilité de chacun. Si j’arrive et qu’il y a déjà 20 personnes sur un pic, ça vaut peut être le coup de marcher un peu ou d’attendre qu’un ou deux sortent avant de rentrer dans l’eau. »

© Nil Puissant
  • Que penses tu de l’interview de Guillaume Barucq ?

« Je trouve ça bien que des personnes engagées dans la vie politique se positionnent et ouvrent le débat, ce qui va permettre d’anticiper les mesures à prendre pour un dé-confinement intelligent. La pratique du surf ne me semble pas moins risquée que prendre les transports en commun, aller travailler ou à l’école et on va pas se mentir, les gens vont reprendre une vie « sociale » voir leurs familles et amis etc. Donc aller pratiquer un sport individuel sans contact en milieu naturel, la question ne pose même pas. » 

  • Souhaites-tu réagir sur un sujet en particulier ?

« J’ai toujours des choses à dire sur pleins de sujets ! *rires*

  • Y a-t-il tout de même des points positifs à souligner ? 

« Difficile de voir vraiment du positif dans une crise sanitaire doublée d’une crise économique et sociale. Dans mon petit cas personnel, j’ai l’habitude de dire que « ce qui ne tue pas rend plus fort ». Cette crise révèle et accélère les problèmes de notre société moderne et j’espère qu’on prendra tous les décisions qui s’imposent pour repartir dans un cercle plus vertueux pour notre société. »