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Patrimoine 16 janvier 2020

Éric Tabarly et le Pen Duick IV

Portrait d'Éric Tabarly : découvrez le parcours du navigateur qui a conduit à la construction du Pen Duick IV

Le célèbre navigateur Éric Tabarly nous a quittés le 13 juin 1998, en tombant à la mer. Il nous aura laissé un beau palmarès de courses à la voile, ainsi que la conception et le développement des multicoques, grâce à son trimaran Pen Duick IV, l’un des tout premiers pouvant faire des courses au large.

L’exposition « Horizon Liberté » du Musée Mer Marine de Bordeaux nous offre l’opportunité de revenir sur l’histoire du marin, et de celle de son célèbre bateau.

Eric Tabarly // © Crédit www.asso-eric-tabarly.org

Éric Tabarly, du pilote de l’aéronautique navale au roi de la course en solitaire

L’amour de Tabarly pour la mer naît avec lui. Si bien qu’il s’engage dans la Marine nationale en 1952, comme pilote dans l’aéronautique. Après avoir essuyé les bancs de l’École navale, il décide de remettre en état le bateau de son père, nommé le « Pen Duick ». Irréparable, il conserve néanmoins la coque comme moule, pour le reconstruire en 1958 et afin qu’il navigue à nouveau dès 1959.

Le marin décide alors de participer, avec lui, aux courses anglaises du RORC durant trois années, de 1960 à 1962. Souhaitant participer à la course transatlantique en solitaire en 1964, il se met en détachement spécial pour la Marine nationale.

Auréolé plusieurs fois, et continuant à développer ses bateaux, dont le Pen Duick II, puis III, il remportera plusieurs victoires avec ce dernier. Il développe enfin le Pen Duick IV pour la transat 1968 de la Two-Handed Round Britain Race. Il fera également construire un Pen Duick V pour courir la Transpacifique en 1968. Il remportera la Transat 1976 sur le Pen Duick VI.

Eric Tabarly sur le Pen Duick IV en 1968 © Getty / Hulton Deutsch

Le 5 juin 1990, Éric Tabarly est admis à l’Académie de marine, au sein de la section Marine marchande et plaisance.

Un bateau très spécial : le Pen Duick IV

On le nomme parfois « l’oiseau futuriste ». Le Pen Duick IV est vraisemblablement l’invention la plus spectaculaire du navigateur. Il sera notamment le trimaran océanique le plus rapide au monde. 

Tabarly rêve de ce bateau depuis longtemps. Il le crée d’une longueur de 20 mètres, et ce dernier pulvérise tous les records. Notamment, un tour du monde par le Horn avec Alain Colas à son bord, puis gagne la Transat 72. En 1973, Colas décide de faire un tour du monde par les trois caps en solitaire. Il révise le navire, lui renforce sa flottabilité et le rebaptise Manuréva.

Malheureusement, Le Pen Duick IV et son créateur connaissent tous deux un destin tragique, en disparaissant en 1978 lors de la première Route du Rhum.

Vendredi 13, un voilier légendaire malchanceux

Construit à Saint-Nazaire en 1972, ce trois-mâts arrive deuxième de la Transat anglaise après le Pen Duick IV. Puis, il est transformé en charter, pour continuer sa carrière aux Antilles. Il se rend ensuite au départ de nombreuses courses.

Cédé en 1994 au Conservatoire de la Plaisance de Bordeaux, il est aujourd’hui présent au Musée de la Mer et de la Marine. Il en est l’une des pièces maîtresses, représentant la course au large, témoin du passage mythique entre monocoques et multicoques.

Ed.W