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Récif Flynn, grande barrière de corail près de Cairns, Queensland, Australie // Photo par Toby Hudson

Faune & Flore 13 août 2019

Des coraux de surface se réfugient en eaux profondes

Des coraux vivant habituellement à 40 mètres de profondeur ont été retrouvés à 172 mètres !

Beauté du lagon, couleurs irréelles des récifs oscillant sur une palette aux mille et une nuances, telle est l’image des merveilleux coraux dans l’imaginaire collectif. Et pourtant… Ces joyaux de la diversité marine sont lourdement menacés par des facteurs de stress tels que la pollution, la surpêche ou bien l’aménagement du territoire. Touchées par la destruction de leur habitat et par le blanchissement, les enchanteresses barrières de corail semblent cependant avoir trouvé un relais inattendu loin de leur zone habituelle de vie. Rencontre en eaux profondes…

Une expédition en eaux profondes

Eté 2019 : les plongeurs de l’expédition Under the pole III font une découverte qui autorise de réveiller les espoirs de survie de ces merveilles marines qui, au-delà de leur beauté, sont essentielles à la biodiversité aquatique et à son équilibre vital.

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Partis en 2017 de Concarneau, les membres de l’équipe ont effectué des recherches sur la biofluorescence et la bioluminescence en région arctique. Arrivés en Polynésie en 2018, ils démarrent alors leurs recherches sur les zones mésophotiques, ces régions aquatiques situées entre 30 et 150 mètres de profondeur (zones où la lumière « phos » pénètre peu). Mené en partenariat avec le Centre de Recherche Insulaire (CRIOBECNRS), le projet baptisé « Deep Hope » permet de faire émerger de nouvelles découvertes porteuses d’espoir pour la survie des coraux. 

Des coraux en zone crépusculaire

Coraux Sentosa Island, Singapour // Photo par Erwinkarim – CC BY-NC 2.0 

C’est à 172 mètres de profondeur que le cofondateur de Under the Pole, Ghislain Bardout, accompagné de deux plongeurs, découvre un spécimen de Leptoseris hawaiiensis, corail dont la région habituelle de vie se situe à 40 mètres de profondeur. Pour Ghislain Bardout et Emmanuelle Périé-Bardout, confondatrice, cette découverte exceptionnelle « contribue à supporter l’hypothèse d’une « zone refuge » pour les coraux de surface dans les profondeurs de l’océan et un espoir pour les restaurer ». Quatre mille échantillons ont ainsi été relevés et font l’objet d’analyses à Moorea ainsi qu’à Perpignan, qui devraient éclairer la communauté scientifique sur les circonstances de cette migration. Leur incroyable diversité démontre que 60% des espèces de coraux peuvent s’adapter à une vie en eaux plus profondes que leur zone de vie habituelle, près de la surface, les eaux profondes étant moins impactées par les pollutions de toutes sortes.

Pour l’heure, c’est une nouvelle vision de la vie corallienne qui est mise au jour, avec la démonstration qu’un trait d’union relie les coraux de surface et leurs cousins mésophitiques. Cependant, les zones crépusculaires sont elles aussi touchées par l’acidification des océans ou par les effets indirects de la houle en cas d’ouragans ou de tempêtes. Un refuge en sursis pour ces récifs qui représentent 0,1% de la surface des océans, et protègent 30% de la biodiversité marine…

Ed.W