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Le Jules Verne 2 à Nantes / Via latribune.fr

Environnement 31 mai 2019

Des bateaux qui fonctionnent à l’hydrogène ?

Transport maritime : double pollution

En vous en parlait il y a quelques semaines, l’impact environnemental du transport maritime n’est plus à prouver. Qu’il soit commercial ou touristique, il est parmi les transports les plus polluants, et ses effets sur l’environnement sont irréversibles. Ce n’est que très récemment que le secteur du transport maritime s’est engagé à réduire cet impact négatif. Mais existe-t-il des solutions concrètes ?

La pollution causée par le transport maritime est de deux ordres : tout d’abord, la pollution de la mer est conséquente et intervient dans les cas de marées noires, de rejet des eaux de ballast, mais aussi dans les opérations de nettoyage des cuves ou encore de dégazage (ventilation des citernes). D’autre part, les émissions de particules fines et de gaz à effet de serre avoisinent dans bien des cas celles du transport routier. Les bateaux utilisés étant pour la plupart vieillissant, les rejets de dioxyde de carbone sont considérables.

Bateaux à l’hydrogène : une solution environnementale ?

A première vue, la combustion à hydrogène semble beaucoup moins polluante que celle au diesel. Le risque de déversement de liquides toxiques est aussi considérablement limité. A Nantes, la navette Jules Verne 2 expérimente le moteur à hydrogène pour naviguer sur l’Erdre. Mais l’utilisation de l’hydrogène est-elle applicable aux énormes cargos commerciaux qui naviguent dans le monde entier ?

Les armateurs qui travaillent sur cette question en développant des prototypes semblent être convaincus que l’hydrogène représente une nouvelle voie pour un transport maritime propre et presque non polluant. Mais est-ce vraiment réalisable ? Outre les délais très longs des expérimentations, de nombreux professionnels contestent en rappelant que pour fonctionner, l’hydrogène demande à être mis sous pression. Ce qui requiert de l’énergie. La question de la construction de bateaux à hydrogène en soulève donc une seconde : quelle source primaire d’énergie utiliser pour produire cet hydrogène ? Attention à ne pas tomber dans le piège d’une pollution indirecte

Pour autant, il ne faut pas remettre totalement en cause l’utilisation de l’hydrogène, que ce soit dans le transport maritime ou routier. La problématique est la même que celle de la commercialisation des voitures électriques. Certes, leur production entraîne une pollution par gaz à effets de serre, mais qu’en est-il de leur émission une fois sur la route ? On sait pour le cas des véhicules routiers que l’énergie électrique va devenir de plus en plus propre. Les défenseurs de l’utilisation de l’hydrogène dans le secteur maritime prennent également en compte cette évolution des modes de production d’énergie. Mais alors, que faire ? Continuer dans la voie de cargos vieillissants et polluants, avec des risques de catastrophes ponctuelles extrêmement polluantes ? Ou bien produire plus d’hydrogène et l’améliorer au fur et à mesure du temps ? Il semble que nous ayons la réponse…

Ed.W