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Christophe Colomb, image via Wikipédia

Patrimoine 26 novembre 2019

Christophe Colomb : portrait d’un navigateur

Dans la nuit du 11 au 12 octobre 1492, un matelot du navire espagnol La Pinta avertissait son équipage qu’un rivage était en vue : il venait de découvrir le San Salvador, une île du continent américain. À la tête de l’expédition, Christophe Colomb. Retour sur un marin qui a changé l’Histoire.

Un capitaine ambitieux

Si les origines de Christophe Colomb, né en 1451, sont inconnues (plusieurs thèses existent, relatives à la Corse, à l’Espagne, au Portugal, à la Grèce ou à l’Italie), ce fils d’un tisserand établi à Gênes embarque dès 1476 à bord d’une flottille pour Lisbonne. Il s’établit dans ce royaume, et épouse Filipa Perestrelo Moniz en 1479.

Influencé par plusieurs lectures de l’époque, il élabore le projet de trouver une route vers les Indes par l’Ouest. Il ne se laisse pas abattre par les nombreux refus des différentes cours européennes (portugaises, françaises et anglaises), et finit par convaincre la reine Isabelle de Castille d’armer une flottille et de lui conférer les titres d’amiral et de gouverneur général des futurs territoires découverts.

La découverte fortuite des Amériques

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L’expédition de trois caravelles part du port de Palos le 3 août 1492, croyant tracer une route vers une région déjà connue, les Indes orientales. Elle parvient le 12 octobre à l’île Guanahani, avant d’accoster successivement au large des Antilles, puis à Cuba et Haïti. S’ensuivent trois voyages entre la métropole et les Amériques, au cours desquels Colomb découvre la Dominique, Porto Rico, la Guadeloupe, la Jamaïque, Trinité et Tobago, Grenade, ainsi que la côte de l’Amérique centrale.

Un legs historique radical

On ne compte plus les références historiques et artistiques qui célèbrent le panache de ce capitaine de navire, fougueux et ambitieux. Christophe Colomb mérite-t-il pour autant cette gloire posthume ? Certes, le viking Leif Eriksson avait déjà été le premier Occidental à mener une expédition maritime qui le conduirait à fouler le sol américain. Mais l’expédition de Colomb va néanmoins véritablement ouvrir ce continent à la colonisation européenne et à l’émergence de nouvelles puissances mondiales. Elle va également tracer pour les navigateurs espagnols la meilleure route de retour, la volta de retour.

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Le rêve de Christophe Colomb consistait à atteindre les Indes en profitant de la forme sphérique de la Terre. Si cette entreprise fut un échec, elle permit d’élargir considérablement la connaissance géographique de la Terre. Cependant, à sa mort, Colomb est persuadé qu’il a atteint les Indes. Il ne se doute pas avoir touché du pied un nouveau continent.

Les conditions d’un succès

L’expédition du Génois se situe dans un contexte historique qui justifie à la fois l’audace du marin, la difficulté à armer sa flottille et le soutien final qui lui est apporté. En effet, tout d’abord, la route navale principale pour se rendre en Inde passait par le Sud de l’Afrique et le Cap de Bonne Espérance, ce qui s’avérait cher et dangereux. Colomb espérait ainsi gagner en temps et en argent, en se fondant sur les écrits grecs. Pourtant, Isabelle de Castille lui refuse une première fois sa requête. C’est lorsque son conseiller la convainc des opportunités d’évangélisation des Indes qu’elle accepte. Enfin, l’intérêt des puissances maritimes de l’époque, à savoir le Portugal et l’Espagne, dans la découverte de Colomb, s’inscrit dans une rivalité des royaumes catholiques très forte, et dans le besoin en or croissant.

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Une cruauté méconnue

Dans la gestion des colonies, pour lequel il est gouverneur général, Colomb fait preuve de violence. D’ailleurs, il est rapidement accusé de favoriser la traite des esclaves, ce qui lui vaut sa disgrâce à la cour de Ferdinand. Francisco de Bobadilla est ainsi chargé par la reine d’enquêter dans les Caraïbes sur ses agissements et de le renvoyer en métropole. De quoi tempérer le portrait mirifique qu’on peut faire de ce capitaine.

Ed. W.