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Richelieu, Image via Wikipedi

Patrimoine 9 octobre 2019

1er octobre 1626 : l’ascension de Richelieu

Le cardinal de Richelieu était un homme d’État ambitieux, aux multiples facettes. Le 1er octobre 1626 est un jour marquant dans sa biographie. En effet, c’est à cette date que Richelieu devient grand-maître, chef et surintendant général de la navigation et du commerce de France. Mais que signifie réellement cet événement, d’un point de vue historique et culturel ? Retour sur la vie de Richelieu, les circonstances de son ascension et quelques-uns de ses accomplissements significatifs en tant que grand-maître.

Cardinal de Richelieu, image via Wikipedia

Qui est Richelieu ?

Richelieu, de son vrai nom Armand Jean du Plessis, naît à Paris le 9 septembre 1585 au sein d’une famille de nobles poitevins, peu fortunés mais jouissant d’une excellente réputation. La fin du 16ème siècle est une époque tourmentée : la France est en proie à des guerres de religions qui opposent catholiques et protestants.

À l’âge de vingt ans, Armand Jean du Plessis entame des études de théologie, ce qui lui permettra d’occuper la fonction d’évêque de Luçon. C’est Henri III qui offre cette évêché à la famille du Plessis afin de remercier le père de Richelieu (alors décédé) pour ses faits d’armes durant la guerre civile. Le jeune Armand du Plessis est nommé évêque de Luçon le 18 décembre 1606.

Ce n’est qu’en 1614 que Richelieu, alors âgé de 29 ans, entame une carrière politique. Il devient député du clergé poitevin aux états généraux de Paris, avant d’être nommé Grand Aumônier de la Reine Anne d’Autriche en 1615. L’année suivante, il devient ministre des affaires étrangères.

Le 5 septembre 1622, le pape Grégoire XV nomme Richelieu cardinal-prêtre de l’Église catholique. Puis, en 1624, Richelieu accède à la fonction de principal ministre d’État pour le roi Louis XIII. Il s’agit d’un équivalent (sous l’Ancien Régime) de l’actuel premier ministre : il influence grandement le roi en matière de politique (étrangère et intérieure), de religion, de gestion des colonies et de relations diplomatiques.

1626, une année-charnière pour le cardinal

Souhaitant que l’intégralité du commandement maritime soit unifiée et sous sa tutelle, Richelieu demande en 1626 la création d’un office qu’il occupera jusqu’en 1642 : celui de grand-maître, chef et surintendant général de la navigation et du commerce de France.

Ce poste stratégique permet à Richelieu de participer au rayonnement de la monarchie française à l’échelle internationale. Grâce à ses nouvelles fonctions, il peut développer une marine de guerre permanente (en plus d’une puissante armée de terre). Pour financer un tel projet, Richelieu augmente les impôts des paysans, lesquels se révoltent à de nombreuses reprises.

En tant que grand-maître de la navigation, Richelieu siège à la Table de Marbre, une juridiction spécialisée propre à l’Ancien Régime. La Table de Marbre statue sur les contentieux liés à la justice portuaire. En 1627, un an après sa prise de fonction, Richelieu supervise la création d’une instance chargée de préparer les nouveaux règlements maritimes : le conseil de marine.

Durant presque deux décennies, Richelieu cumule la charge de Cardinal avec celles de grand-maître, d’amiral de Provence et de Bretagne, de général des galères et de secrétaire d’État à la marine. À sa mort en 1642, c’est Jean Armand de Maillé-Brézé, duc de Fronsac, qui accepte de lui succéder au poste de grand-maître. Cette fonction sera ensuite occupée par l’épouse de Louis XIII, Anne d’Autriche.

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